Chapitre 1:Dudley Détraqué
Le jour le plus chaud de l’été jusqu’alors touchait à sa fin et un silence léthargique
régnait sur les grandes maisons carrées de Privet Drive. Les voitures, d’habitude
reluisantes se trouvaient couvertes de poussière dans leur allée et les pelouses
auparavant d’un vert émeraude s’étendaient desséchées et jaunissantes — car l’usage de
tuyaux d’arrosage avait été proscrit en raison de la sécheresse. Privés de leurs passetemps
habituels, lavage de voiture et tonte de pelouse, les habitants de Privet Drive
s’étaient retirés à l’ombre de leurs maisons fraîches, les fenêtres grandes ouvertes dans
l’espoir d’attirer une brise qui demeurait inexistante. La seule personne encore dehors
était un adolescent allongé sur le dos dans un parterre de fleurs devant le numéro
quatre.
C’était un garçon maigre, aux cheveux noirs, portant des lunettes, qui avait l’allure
quelque peu chétive et maladive de quelqu’un qui a beaucoup grandi en peu de temps.
Son jean était déchiré et sale, son T-shirt ample et délavé et les semelles de ses baskets
se décollaient à l’avant. L’apparence de Harry Potter ne le rendait pas attachant aux yeux
des voisins, qui étaient du genre à penser qu’une tenue débraillée devrait être punie par
la loi, mais comme il s’était caché derrière un grand buisson d’hortensias, il était
relativement invisible pour les passants ce soir là. En fait, il n’aurait pu être repéré à
moins que son oncle Vernon ou sa tante Pétunia passent la tête par la fenêtre du salon
et regardent le parterre de fleurs pile en-dessous.
Dans l’ensemble, Harry se félicitait d’avoir eu l’idée de se cacher là. Il n’était peut être
pas très confortable, allongé sur la terre chaude et dure, mais d’un autre côté, personne
ne le regardait en grinçant des dents si bruyamment qu’il ne pouvait pas écouter les
informations, ni ne lui lançait des questions désagréables comme c’était arrivé chaque
fois qu’il avait essayé de s’asseoir dans le salon pour regarder la télévision avec sa tante
et son oncle.
Comme si cette pensée avait pénétré en volant par la fenêtre ouverte, Vernon Dursley,
l’oncle de Harry, se mit soudain à parler.
« Content de voir que le gosse a cessé de nous importuner. Où est-il, d’ailleurs ? »
« Je ne sais pas », dit la tante Pétunia, indifférente. « Pas à la maison. »
L’oncle Vernon grogna.
« …en train de regarder les informations » dit-il d’un ton cinglant. « J’aimerais bien
savoir ce qu’il prépare. Comme si un garçon normal se souciait de ce qu’il y a aux infos.
Dudley n’a pas la moindre idée de ce qui se passe ; je doute qu’il sache qui est le Premier
Ministre ! De toutes façons, ce n’est pas comme s’il pouvait y avoir quelque chose sur
les gens comme lui dans nos informations –»
« Vernon, chut ! » dit la tante Pétunia. « La fenêtre est ouverte ! »
« Oh — exact — désolé, chérie. »
Les Dursley se turent. Harry écouta une pub pour les céréales Fruit ’n’ Bran, tout en
regardant Mme Figg, une vielle dame cinglée qui adorait les chats, habitant dans Wisteria
Walk juste à côté, passer nonchalamment. Elle fronçait les sourcils et se parlait à ellemême.
Harry était très content d’être dissimulé par le buisson, vu que Mme Figg s’était
récemment mis en tête de l’inviter à prendre le thé chaque fois qu’elle le croisait dans la
rue. Elle avait disparu au coin de la rue lorsque la voix de l’oncle Vernon s’éleva à
nouveau de la fenêtre.
« Dudlinouchet est sorti pour le goûter ? »
« Chez les Polkiss », dit la tante Pétunia avec tendresse. « Il s’est fait tant de copains, il
est si populaire… »
Harry réprima un ricanement avec difficulté. Les Dursley étaient étonnamment stupides
quant à leur fils, Dudley. Ils avaient tout gobé quand il avait prétendu goûter avec un
membre différent de sa bande chaque soir des vacances d’été. Harry savait parfaitement
bien que Dudley n’était allé goûter nulle part ; lui et sa bande passaient toutes leurs
soirées à saccager l’aire de jeux, à fumer aux carrefours et à jeter des pierres sur les
voitures et les enfants qui passaient par là. Harry les avait vus à l’oeuvre pendant ses
promenades vespérales dans Little Whinging ; il avait passé la majeure partie de ses
vacances à déambuler dans les rues, récupérant au passage les journaux dans les
poubelles.
Les premières notes du générique annonçant le journal de 19 heures parvinrent aux
oreilles de Harry et son estomac se noua. Ce soir peut-être — après un mois d’attente
— il y aurait quelque chose.
« Un nombre record de vacanciers immobilisés dans les aéroports, les bagagistes
espagnols entamant leur deuxième semaine de grève –»
« Foutez-leur un congé à vie, non mais écoutez-moi ça » gronda l’oncle Vernon plus fort
que la fin du discours du journaliste, mais peu importait : dehors dans le lit de fleur,
l’estomac de Harry se desserra. Si quelque chose était arrivé, cela eût certainement
constitué le premier titre du journal ; la mort et la destruction étaient plus importantes
que des vacanciers immobilisés.
Il libéra une lente respiration et contempla l’éclatant ciel bleu. Tous les jours cet été
avaient été pareils : la tension, l’appréhension, le soulagement passager puis de nouveau
l’angoisse… et toujours, progressant avec une insistance de plus en plus forte, la
question du pourquoi rien n’était encore arrivé ?
Il continua d’écouter, jute au cas où il y aurait quelques indices, mépris par les Moldus
— une disparition inexpliquée peut être, ou un accident curieux… mais la grève des
bagagistes fut suivie par des informations sur la sécheresse dans le sud-est (« j’espère
qu’il écoute à côté ! » meugla l’oncle Vernon « lui et ses arrosages à trois heures du matin
»), puis un hélicoptère qui avait failli s’écraser dans un champ dans le Surrey, ensuite le
divorce d’une célèbre actrice de son célèbre mari (« Comme si leurs histoires sordides
nous intéressaient » fit remarquer la tante Pétunia, qui avait suivi l’affaire avec un vif
intérêt dans tous les magazines sur lesquels elle était arrivé à poser sa main squelettique).
Harry ferma les yeux pour se protéger du ciel éblouissant dans la lumière du soleil
couchant tandis que le journaliste poursuivait «– et finalement, Bungy la perruche a
trouvé un nouveau moyen de rester zen cet été. Bungy, qui vit a Five Feathers a
Barnsley, a appris le ski nautique ! Mary Dorkins a cherché a en savoir plus. ». Harry
ouvrit les yeux. Si on avait atteint le ski nautique pour perruche, il n’y aurait plus rien
d’intéressant. Il roula prudemment sur son ventre et se mit à quatre pattes, se préparant
à s’éloigner de la fenêtre.
Il avait avancé d’environ cinq centimètres lorsque plusieurs événements se succédèrent
très rapidement.
Un violent crac déchira le silence léthargique comme un coup de feu ; un chat déboula
de sous une voiture et s’enfuit hors de vue ; un cri, un juron et le bruit d’une porcelaine
cassée venant de la salle de séjour des Dursey, et, comme si ç’avait été le signal
qu’attendait Harry, il se redressa d’un bond, tirant en même temps de la ceinture de son
jean une fine baguette de bois tel un chevalier tirant l’épée du fourreau — mais avant
qu’il ait pu se relever entièrement, le sommet de son crâne heurta la fenêtre ouverte des
Dursley. Le vacarme qui s’ensuivit fit crier la tante Pétunia de plus belle.
Harry eut l’impression que sa tête venait d’être fendue en deux. Les yeux humides, il
oscilla, essayant de discerner nettement la rue à travers ses larmes pour repérer la source
du bruit, mais il venait à peine de se relever quand deux grandes mains violacées
surgirent par la fenêtre ouverte et se refermèrent autour de sa gorge.
« Range — moi — ça ! » gronda l’oncle Vernon dans l’oreille de Harry
« Maintenant ! Avant — que quelqu’un — la remarque ! »
« Lâche — moi ! » Râla Harry. Pendant quelques secondes ils luttèrent, Harry tirant sur
les doigts semblables à des saucisses de son oncle avec sa main gauche, la droite
maintenant fermement sa baguette ; ensuite, alors que la douleur redoublait dans le
crâne de Harry, l’oncle Vernon cria et le relâcha comme s’il avait reçu un électrochoc.
Quelque force invisible avait semblé surgir de son neveu, le rendant impossible à tenir.
Haletant, Harry s’écroula dans la haie d’hortensias, se redressa et jeta un oeil alentour. Il
n’y avait aucun signe de ce qui avait causé le violent craquement, mais quelques têtes
sortaient de certaines des fenêtres voisines. Harry fourra à la hâte sa baguette dans son
jean et essaya d’arborer un air innocent.
« Belle soirée ! » cria l’oncle Vernon en faisant un signe de la main à Mme-du numérosept-
d’en-face, qui les observait de derrière ses rideaux. « Vous avez entendu cette
voiture qui vient juste de caler ? Ça nous a fait sursauter Pétunia et moi. »
Il continua de sourire, d’une façon horrible, comme un maniaque, jusqu’à ce que tous
les voisins curieux aient disparu de leurs fenêtres respectives, puis son sourire devint une
grimace de fureur lorsqu’il demanda à Harry de s’approcher.
Harry fit quelques pas dans sa direction, en restant soigneusement hors de la zone où les
mains tendues de l’oncle Vernon auraient pu reprendre leur étranglement. « Par le
diable, qu’est ce que ça signifie ? » demanda l’oncle Vernon d’une voix tremblante de
rage.
« Que signifie quoi ? » répondit calmement Harry. Il continuait de regarder à gauche et à
droite dans la rue, espérant toujours apercevoir celui qui avait produit le craquement.
« faire un vacarme comme si on donnait le départ d’une course avec un pistolet devant
notre –»
« Ce n’est pas moi qui ai fait ce bruit. » répondit Harry fermement.
La tête maigre et chevaline de la tante Pétunia était apparue derrière celle large et
pourpre de l’oncle Vernon. Elle semblait livide.
« Pourquoi étais-tu planqué sous la fenêtre ? »
« Oui — oui, bien vu Pétunia. Que faisais-tu sous notre fenêtre, gamin ? »
« J’écoutais les informations. » répondit Harry d’un ton résigné.
Son oncle et sa tante échangèrent des regards outragés.
« Tu écoutais les informations ! Encore ? »
« Eh bien, ça change tous les jours, vous savez… » dit Harry.
« Ne joue pas au plus malin avec moi, gamin ! Je veux savoir ce que tu magouilles
vraiment — et ne me ressors plus de j’écoutais les informations. Tu sais parfaitement
que les gens de ta sorte –»
« Fais attention Vernon ! » murmura la tante Pétunia, et l’oncle Vernon baissa le ton de
sorte que Harry l’entendait à peine. «– que les gens de ta sorte ne passent pas dans nos
informations ! »
« Vous n'en savez rien. »
Les Dursley le regardèrent avec des yeux ronds pendant quelques secondes, puis tante
Pétunia dit « Tu es un vilain petit menteur. Que font tous ces –», elle aussi baissa
l’intensité de sa voix à tel point que Harry dût lire sur ses lèvres les derniers mots, «–
hiboux sinon t’apporter des nouvelles ? »
« Aha ! » chuchota l’oncle Vernon d’un ton triomphant. « Ça t’en bouche un coin, gamin
! Comme si nous ne savions pas que tu as toutes les nouvelles que tu veux grâce à ces
pestilentiels volatiles ! »
Harry hésita un moment. Ça lui coûtait de dire la vérité cette fois, même si son oncle et
sa tante ne pouvaient pas comprendre combien il avait du mal à l’admettre.
« Les hiboux… ne m’apportent pas de nouvelles. » dit-il très faiblement.
« Tu ne me feras pas croire ça » répliqua tante Pétunia.
« Pas plus qu’à moi. » renchérit l’oncle Vernon avec force.
« Nous savons que tu prépares quelque chose de louche. »
« Nous ne sommes pas stupides, tu sais. » dit l’oncle Vernon.
« Eh bien, voilà au moins une nouvelle pour moi. » répondit Harry, de plus en plus
énervé, et avant que les Dursley n’aient eu le temps de le rappeler, il avait fait demi-tour,
traversé la pelouse, enjambé le muret du jardin, et arpentait la rue à grands pas.
Il aurait des ennuis maintenant et il en était conscient. Il devrait affronter tôt ou tard sa
tante et son oncle et payer le prix de son insolence, mais il ne s’en souciait pas trop pour
le moment ; des questions bien plus pressantes le préoccupaient.
Harry était sûr que le craquement avait été produit par une Apparition ou une
Disparition. C’était exactement le bruit que Dobby l’elfe de maison faisait lorsqu’il
s’évaporait, ne laissant à sa place que du vent. Était-il possible que Dobby fût à Privet
Drive ? Dobby pouvait-il être en train de le suivre à ce moment précis ? En pensant à
cela il se retourna et scruta Privet Drive, mais elle semblait complètement déserte et
Harry était sûr que Dobby ne savait pas se rendre invisible.
Il poursuivit son chemin, presque sans se rendre compte de sa direction, car
dernièrement il avait parcouru ces rues si souvent que ses pieds l’amenaient
automatiquement à ses planques favorites. Tous les cinq pas il lorgnait par-dessus son
épaule. Quelqu’un du monde magique l’avait approché tandis qu’il était allongé parmi les
bégonias mourants de la tante Pétunia, il en était certain. Pourquoi ne lui avaient-ils pas
parlé, pourquoi ne l’avaient ils pas contacté, pourquoi se cachaient-ils maintenant ?
Et soudain, alors que son sentiment de frustration atteignait son paroxysme, ses
certitudes s’enfuirent.
Peut-être que ça n’avait pas été un son magique après tout. Peut-être cherchait-il si
désespérément le moindre signe du monde auquel il appartenait, qu’il s’emballait pour
des bruits parfaitement anodins. Pouvait-il être sûr que ce n’avait pas été pas un bruit de
casse dans une maison voisine ?
Harry eut une sensation sourde s’enfonçant dans son estomac et avant qu’il ne s’en
rende compte, le sentiment de désespoir qui l’avait infesté tout l’été le submergea de
nouveau.
Le lendemain, il serait tiré de son sommeil à cinq heures par le réveil afin qu’il puisse
payer le hibou qui lui livrait la Gazette du Sorcier — mais à quoi bon continuer à la
recevoir ? Ces derniers jours, Harry jetait un coup d’oeil succinct à la Une avant de la
repousser de côté ; lorsque les idiots qui dirigeaient le journal réaliseraient enfin que
Voldemort était de retour, ce serait à la tribune, et c’était le seul genre de nouvelles dont
Harry se préoccupait.
Avec un peu de chance, il y aurait aussi des hiboux portant des lettres de ses meilleurs
amis, Ron et Hermione, bien que tous les espoirs qu’il avait eu que leurs lettres lui
apporteraient des nouvelles eussent été balayés depuis longtemps.
Nous ne pouvons pas en dire beaucoup à propos de Tu-Sais-Qui, bien sûr… On nous a
dit de ne rien dire d’important, au cas où nos lettres se perdaient… Nous sommes
plutôt occupés mais je ne peux pas te donner de détails ici… Il se passe plein de choses,
nous te dirons tout lorsque nous te verrons…
Mais quand allaient-ils se voir ? Personne ne semblait trop se soucier d’une date précise.
Hermione avait griffonné Je pense que nous te verrons bientôt à l’intérieur de sa carte
d’anniversaire, mais combien « bientôt » était-il tôt ? Autant que Harry pouvait déduire
des vagues indices dans leurs lettres, Hermione et Ron se trouvaient au même endroit,
qui devait être la maison des parents de Ron. Il pouvait difficilement supporter la pensée
de ces deux-là s’amusant au Terrier, pendant que lui était coincé à Privet Drive. En fait,
il était tellement en colère contre eux qu’il avait jeté sans les ouvrir les deux boîtes de
chocolats Honeydukes qu’ils lui avaient envoyées pour son anniversaire. Il l’avait
regretté par la suite, après la salade flétrie que la tante Pétunia avait préparée pour le
dîner ce soir-là.
Et à quoi Ron et Hermione étaient-ils occupés ? Pourquoi n’était-il pas occupé, lui
Harry ? Ne s’était-il pas montré bien plus capable qu’eux ? Avaient-ils tous oublié ce
qu’il avait fait ? N’était-ce pas lui qui était entré dans ce cimetière, qui avait vu Cédric se
faire assassiner, et qui avait été attaché à cette pierre tombale et failli être tué ?
Ne pense pas à ça, se dit Harry sévèrement pour la centième fois cet été. C’était déjà
assez difficile de continuer de revoir le cimetière dans ses cauchemars, sans en plus le
ressasser durant ses périodes d’éveil.
Il prit le tournant dans Magnolia Crescent ; à mi-chemin, il dépassa l’étroite allée le long
d’un garage où il avait pour la première fois posé le regard sur son parrain. Sirius, au
moins, semblait comprendre ce que ressentait Harry. Certes, ses lettres étaient toutes
aussi dépourvues d’informations que celles de Ron et de Hermione, mais au moins elles
contenaient des conseils de prudence et des mots de réconfort au lieu d’allusions
alléchantes : Je sais que ce doit être frustrant pour toi… Ne t’attire pas d’ennuis et tout
ira bien… Sois prudent et ne fais rien d’irréfléchi…
Et bien, pensa Harry, qui traversa Magnolia Crescent, prit Magnolia Road et se dirigea
vers le parc qui s’assombrissait, il avait (dans l’ensemble) suivi les conseils de Sirius. Il
avait au moins résisté à la tentation d’attacher sa malle à son balai et de partir pour le
Terrier par lui-même. En fait, Harry pensait que son comportement avait été très
correct, si l’on considérait à quel point il se sentait frustré et furieux d’être coincé à
Privet Drive depuis si longtemps, réduit à se tapir parmi les fleurs dans l’espoir
d’entendre quelque chose qui aurait pu indiquer ce que manigançait Lord Voldemort.
Quoi qu’il en soit, il était plutôt énervant de se faire dire de ne pas être irréfléchi par un
homme qui avait passé douze ans dans la prison des sorciers, Azkaban, s’était évadé,
avait voulu commettre le meurtre pour lequel il avait déjà été condamné, puis s’était
enfui sur un hippogriffe volé.
Harry sauta par-dessus le portail fermé du parc et marcha sur l’herbe desséchée. Le parc
était aussi vide que les rues environnantes. Lorsqu’il atteignit les balançoires, il s’affala
dans la seule que Dudley et ses amis n’avaient pas encore réussi à casser, enroula un bras
autour de la chaîne et fixa le sol d’un air morose. Il ne pourrait plus se cacher dans le
parterre de fleurs des Dursley. Le lendemain, il allait devoir inventer un autre moyen
pour écouter les nouvelles. En attendant, il n’avait rien à espérer qu’une autre nuit
perturbée et sans repos, car, même quand il échappait aux cauchemars avec Cédric, il
faisait des rêves déconcertants avec de longs couloirs obscurs, qui se terminaient tous
sur des culs-de-sac et des portes fermées, ce qu’il supposait venir du sentiment d’être
pris au piège qu’il ressentait lorsqu’il était éveillé. Souvent la vieille cicatrice sur son front
le picotait d’une manière désagréable, mais il ne se leurrait pas : Ron, Hermione ou
Sirius ne trouveraient plus cela très intéressant. Dans le passé, la douleur dans sa
cicatrice les avait prévenus que Voldemort reprenait des forces, mais maintenant que
Voldemort était de retour, ils lui rappelleraient probablement qu’il fallait s’attendre à ses
démangeaisons continuelles… rien d’inquiétant… rien de nouveau…
Toute cette injustice s’accumulait en lui tant et si bien qu’il aurait voulu hurler de fureur.
S’il n’avait pas été là, personne n’aurait su que Voldemort était revenu ! Et sa
récompense était d’être coincé à Little Whinging depuis quatre semaines entières,
complètement coupé du monde magique, réduit à s’accroupir derrière des bégonias
mourants afin d’entendre parler de perruches faisant du ski-nautique ! Comment
Dumbledore avait-il pu l’oublier si facilement ? Pourquoi Ron et Hermione s’étaient ils
retrouvés sans l’inviter, lui aussi ? Combien de temps encore lui faudrait-il écouter Sirius
lui dire de se tenir tranquille et d’être un bon garçon ; ou encore résister à l’envie d’écrire
à la stupide Gazette du Sorcier pour leur signaler que Voldemort était de retour ? Ces
pensées furieuses tourbillonnaient dans la tête de Harry et ses entrailles se tordaient sous
l’effet de la colère alors qu’une nuit pesante et veloutée tombait autour de lui, l’air
embaumé par l’odeur de l’herbe tiède et desséchée, le seul bruit étant le léger
ronronnement de la circulation sur la route derrière les grilles du parc.
Il ignorait combien de temps il était resté sur la balançoire lorsqu’un bruit de voix
interrompit sa rêverie et lui fit lever la tête. Les lampadaires des rues alentour projetaient
une lueur brumeuse suffisamment intense pour découper les silhouettes d’un groupe de
gens traversant le parc. L’un d’entre eux chantait à tue-tête une chanson grossière. Les
autres s’esclaffaient. Un léger cliquetis émanait d’onéreux vélos de course qu’ils
conduisaient.
Harry savait de qui il s’agissait. Le personnage de devant était assurément son cousin,
Dudley Dursley, rentrant à la maison, accompagné de sa fidèle bande. Dudley était
toujours aussi large, mais un an de diète sévère et la découverte d’un nouveau talent
avait apporté une certaine modification à son physique. Comme le disait l’oncle Vernon
avec délices à quiconque voulait bien l’entendre, Dudley était récemment devenu le
Champion Inter-écoles de Boxe Poids lourd Junior du Sud-Est. Le « noble sport »,
comme disait l’oncle Vernon, avait rendu Dudley encore plus immense qu’il avait paru à
Harry à l’époque de l’école primaire quand il avait servi de premier punching-ball à
Dudley. Harry n’avait plus un soupçon de peur de son cousin désormais mais il ne
pensait pas néanmoins que le fait que Dudley apprît à frapper plus fort et plus
précisément fût matière à se réjouir. Il terrorisait les enfants du voisinage — encore plus
que « ce garnement de Harry Potter » qui, les avait-on prévenus, était un criminel
endurci et fréquentait le Centre St Brutus pour les Jeunes Délinquants Récidivistes.
Harry observa les formes noires traverser la pelouse et se demanda qui ils avaient frappé
cette nuit-là. Regardez par-ici, pensa Harry en les regardant. Venez… regardez… je suis
assis là tout seul… venez et tentez votre chance… Si les copains de Dudley le voyaient
assis là, ils fondraient sûrement droit sur lui, et que ferait Dudley alors ? Il ne voudrait
pas perdre la face devant sa bande, mais il serait terrifié à l’idée de provoquer Harry…
ce serait vraiment amusant de regarder le dilemme de Dudley, de le provoquer, de
l’observer, impuissant à répondre… et si l’un des autres essayait de frapper Harry, il était
prêt — il avait sa baguette. Pourvu qu’ils essayent… il adorerait décharger un peu de sa
frustration sur les garçons qui avaient autrefois fait de sa vie un enfer.
Mais ils ne se retournèrent pas, ils ne le virent pas, ils étaient presque devant les grilles.
Harry maîtrisa l’envie de les appeler… chercher la bagarre n’était pas une action
intelligente… il ne devait pas utiliser la magie… il risquerait l’expulsion à nouveau.
Les voix des acolytes de Dudley s’évanouirent ; ils étaient hors de vue, continuant sur
Magnolia Road.
Et voilà, Sirius, pensa Harry. Rien d’irréfléchi. Pas cherché les ennuis. Exactement le
contraire de ce que tu aurais fait.
Il se leva et s’étira. La tante Pétunia et l’oncle Vernon semblaient penser que, quelle que
soit l’heure du retour de Dudley, c’était l’heure de rentrer, et qu’après cette heure il était
bien trop tard. L’oncle Vernon avait menacé d’enfermer Harry dans la réserve si jamais
il rentrait encore après Dudley, alors, bâillant, et toujours renfrogné, Harry se dirigea
vers la sortie du parc.
Magnolia Road, comme Privet Drive, était pleine de grandes maisons carrées avec des
pelouses parfaitement entretenues, chacune détenue par de gros propriétaires carrés qui
conduisaient des voitures fort bien nettoyées semblables à celle de l’oncle Vernon.
Harry préférait Little Whinging la nuit, quand les fenêtres aux rideaux tirés maculaient
les ténèbres de couleurs brillantes comme des joyaux, et qu’il ne courait aucun risque
d’entendre des murmures réprobateurs à propos de son apparence de « délinquant » en
croisant les propriétaires de ces maisons. Il marcha à grands pas, si bien qu’à mi-chemin
de Magnolia Road la bande de Dudley reparut dans son champ de vision ; ils se disaient
au-revoir devant le début de Magnolia Crescent. Harry s’écarta dans l’ombre d’un grand
lilas et attendit.
« …couinait comme une truie, pas vrai ? » disait Malcolm, les autres pouffant de rire.
« Joli crochet, Big D », dit Piers.
« À la même heure demain ? » dit Dudley.
« Direct chez moi, mes parents sortent » dit Gordon.
« À la prochaine alors » dit Dudley.
« Ciao, mon pote »
« Salut, Big D »
Harry attendit que le reste de la bande soit parti avant de reprendre son chemin.
Lorsque leurs voix se furent dissipées à nouveau il prit le tournant vers Magnolia
Crescent et, en marchant très vite, il parvint bientôt à portée de voix de Dudley qui se
baladait tranquillement, chantonnant un air vague, sans véritable mélodie.
« Salut, Big D ! »
Dudley fit demi-tour.
« Oh », grogna-t-il, « c’est toi. »
« Depuis combien de temps t’appelles-tu donc ‹ Big D › ? » dit Harry.
« La ferme ! », répondit Dudley, poursuivant son chemin.
« Super, ton nom. » ajouta Harry en souriant et en suivant le pas de son cousin. « Mais
tu seras toujours ‹ Duddlinouchet chéri › pour moi. »
« J’ai dit LA FERME » dit Dudley, dont les mains boudinées se repliaient en poings. »
« Les gars ne savent pas que c’est comme ça que ta maman t’appelle ? »
« Tais-toi ! »
« Tu ne lui dis pas de se taire, à ta mère. Que dis-tu de ‹ mon petit bout de chou › et ‹
Duddinet trésor › ? Alors je peux m’en servir ? »
Dudley ne dit mot. L’effort pour se retenir de frapper Harry semblait lui demander
toute son énergie.
« Alors, qui as-tu tabassé ce soir ? » demanda Harry, en perdant son sourire. « Un autre
petit de dix ans ? Je sais que tu as frappé Mark Evans l’autre soir –»
« Il le cherchait », dit Dudley.
« Ah ouais ? »
« Il m’a insulté. »
« Vraiment ? A-t-il dit que tu ressemblais à un porc dressé à marcher sur ses pattes de
derrière ? Parce que c’est pas une insulte, Dude, c’est la vérité. »
Un muscle de la mâchoire de Dudley tremblait. Cela apporta une grande satisfaction à
Harry de constater combien il rendait Dudley furieux ; il eut l’impression qu’il refilait sa
propre frustration à son cousin, et c’était sa seule façon de l’évacuer.
Ils prirent à droite dans l’étroite allée où Harry avait vu Sirius pour la première fois et
qui servait de raccourci entre Magnolia Crescent et Wisteria Walk. Elle était déserte et
bien plus sombre que les rues avoisinantes car il n’y avait pas de lampadaires. Elle était
délimitée par des murs de garages d’un côté et une haute clôture de l’autre.
« Tu te prends pour un homme parce que tu tiens ce truc, hein ? » dit Dudley au bout de
quelques instants.
« Quel truc ? »
« Ce — ce truc que tu caches. »
Harry sourit à nouveau.
« Tu n’es pas aussi bête que tu en as l’air, hein, Dude ? Mais d’ailleurs, si tu l’étais, tu ne
pourrais pas marcher et parler en même temps.»
Harry sortit sa baguette. Il aperçut Dudley la regarder de côté.
« Tu n’as pas le droit » dit Dudley immédiatement. « Je sais que tu n’as pas le droit. Tu
serais renvoyé de ton école de tarés. »
« Qui te dit qu’ils n’ont pas changé les règles, Big D ? »
« Ils ne les ont pas changées. » dit Dudley, sans trop d’assurance toutefois.
Harry rit doucement.
« Tu n’as pas les tripes pour m’affronter sans ce truc, n’est-ce pas ? » dit Dudley.
«Alors que toi tu n’as besoin que de quatre copains avec toi pour frapper un petit de dix
ans. Tu sais, ce titre de boxeur dont tu n’arrêtes pas de parler ? Quel âge avait ton
adversaire ? Sept ans ? Huit ans ? »
« Il avait seize ans, je te signale, » dit Dudley « et il est resté K.O. pendant vingt minutes
après que je l’ai fini, et il était deux fois plus lourd que toi. Tu vas voir quand je vais dire
à Papa que tu avais ce truc –»
« On va chercher Papa alors, hein ? Son petit champion de boxe a peur de la méchante
baguette de Harry ? »
« Tu fais moins le malin la nuit, hein ? » ironisa Dudley.
« Il fait nuit, Duddlinou. C’est ainsi que l’on nomme le moment où tout s’assombrit
comme maintenant. »
« Je veux dire quand tu es au lit ! » grimaça Dudley.
Il avait cessé de marcher. Harry s’immobilisa aussi, observant son cousin. D’après le peu
qu’il distinguait du gros visage de Dudley, il affichait une expression curieusement
triomphante.
« Qu’est-ce que tu veux dire, que je fais moins le malin quand je suis au lit ? » dit Harry,
complètement désemparé. « De quoi suis-je censé avoir peur, des oreillers ou quoi ? »
« Je t’ai entendu la nuit dernière, » dit Dudley sans respirer, « parlant dans ton sommeil.
Implorant. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? » répéta Harry, mais il sentait une masse froide qui
s’enfonçait dans son estomac. Il avait revu le cimetière la nuit précédente dans ses rêves.
Dudley émit un rire rauque, puis adopta une voix aiguë, plaintive.
« ‹ Ne tuez pas Cédric ! ne tuez pas Cédric ! › Qui est Cédric — ton petit copain ? »
« Je — tu mens. » dit Harry par réflexe.
Mais sa bouche s’était asséchée. Il savait que Dudley ne mentait pas — sinon comment
aurait-il entendu parler de Cédric ?
« ‹ Papa ! Aide-moi, Papa ! Il va me tuer, Papa ! Bouh hou ! › »
« La ferme » dit Harry posément. « Tais-toi, je te préviens ! »
« ‹ Viens m’aider, Papa ! Maman, viens m’aider ! Il a tué Cédric ! Papa, Aide moi ! Il va –›
Ne pointe pas ce truc vers moi ! »
Dudley recula contre le mur de l’allée. Harry visait précisément le coeur de Dudley avec
sa baguette. Harry sentait quatorze années de haine envers Dudley battre dans ses veines
— que ne donnerait-il pas pour attaquer maintenant, pour ensorceler Dudley si
complètement qu’il devrait rentrer à la maison en rampant comme un
insecte débile bourgeonnant des antennes…
« Ne reparle plus jamais de ça » dit Harry, « C’est compris ? »
« Pointe ce truc ailleurs ! »
« J’ai dit c’est compris ? »
« Pointe-le ailleurs ! »
« C’EST COMPRIS ? »
« ÉLOIGNE CE TRUC DE –»
Dudley émit un râle bizarre et tremblant, comme s’il avait été trempé dans de l’eau
glacée.
Quelque chose était arrivé à la nuit. Le ciel indigo parsemé d’étoiles était devenu tout à
coup complètement noir et sans lumière — les étoiles, la lune, les lampadaires brumeux
de chaque côté de l’allée s’étaient évanouis. Le ronronnement éloigné des voitures et le
murmure des arbres étaient partis. La douce soirée était soudain d’un froid perçant,
mordant. Ils étaient entourés d’une obscurité totale, impénétrable, silencieuse, comme si
une main géante avait posé un épais manteau glacial sur toute l’allée, les aveuglant.
Pendant une fraction de seconde Harry pensa qu’il avait fait de la magie sans le vouloir,
bien qu’il se soit retenu aussi fort qu’il pouvait — puis la raison lui revint — il n’avait
pas le pouvoir d’éteindre les étoiles. Il tourna la tête de-ci, de-là, essayant de distinguer
quelque chose, mais l’obscurité se collait à ses yeux comme un voile impalpable.
La voix terrifiée de Dudley parvint aux oreilles de Harry.
« Qu–Qu’est-ce que tu fais ? A–Arrête ! »
« Je ne fais rien ! Tais-toi et bouge pas ! »
« Je vois rien ! Je suis devenu aveugle ! Je –»
« J’ai dit tais-toi ! »
Harry était cloué sur place, tournant son regard aveugle à gauche puis à droite. Le froid
était si intense qu’il frissonnait de tout son corps ; ses bras avaient la chair de poule et
les cheveux de sa nuque étaient dressés — il écarquilla les yeux au maximum, observant
inutilement tout autour, sans rien voir.
Ce n’était pas possible… ils ne pouvaient pas être ici… pas à Little Whinging… il tendit
l’oreille… il les entendrait avant de les voir…
« Je le dirai à Papa ! » implora Dudley. « Où–où es-tu ? Qu’est-ce que tu f–fais ? »
« Tu vas la fermer ? » siffla Harry. « J’essaie d’écout–»
Mais il se tut. Il avait entendu exactement ce qu’il redoutait.
Ils n’étaient pas seuls dans l’allée, quelque chose respirait en de longs souffles rauques et
grésillant. Harry ressentit un horrible sursaut de peur tandis qu’il tremblait dans l’air
glacé.
« Arrête ça ! Fais que ça s’arrête ! Je vais te fr–frapper, je le jure ! »
« Dudley, la fer–»
VLAN !
Harry sentit un poing lui saisir la tête et le soulever. De petites lumières blanches
étincelèrent devant lui. Pour la deuxième fois en moins d’une heure, Harry eut
l’impression que sa tête avait été hachée en deux ; un instant plus tard, il atterrit
violemment sur le sol et sa baguette lui échappa.
« Dudley, espèce de crétin ! » hurla Harry, pleurant de douleur tandis qu’il se mit
péniblement à quatre pattes, en tâtonnant frénétiquement autour de lui dans le noir. Il
entendit Dudley avancer à l’aveuglette, se cogner contre la clôture et trébucher. «
DUDLEY, REVIENS ! TU LUI COURS DROIT DESSUS ! »
Il y eut un horrible cri déchirant, et le bruit des pas de Dudley cessa. Au même moment,
Harry sentit s’étendre derrière lui un souffle givré qui ne pouvait vouloir dire qu’une
seule chose. Il y en avait plusieurs.
« DUDLEY, GARDE LA BOUCHE FERMÉE ! QUOIQU’IL ARRIVE, GARDE LA
BOUCHE FERMÉE ! Ma baguette ! » marmonna Harry avec frénésie. Ses mains
exploraient le sol comme des araignées. « Où est — baguette — allez — lumos ! »
Il prononça le sort automatiquement, il lui fallait absolument de la lumière pour l’aider à
chercher — et à son soulagement incrédule, de la lumière apparut à quelques
centimètres de sa main droite — l’extrémité de sa baguette s’était allumée. Il la ramassa
vivement, se remit debout tant bien que mal et se retourna. Son sang se glaça.
Une silhouette imposante, encapuchonnée, glissait doucement vers lui, flottant au
dessus du sol, sans pieds ni tête visibles sous sa robe, aspirant la nuit en avançant. Harry
recula en titubant et leva sa baguette.
« Spero Patronum ! »
Une ombre argentée jaillit du bout de la baguette et le Détraqueur ralentit, mais le sort
n’avait pas bien fonctionné ; se prenant dans ses propres pieds, Harry recula plus loin
tandis que le Détraqueur se penchait vers lui, la panique envahissant son esprit —
concentre-toi —
Deux mains grises, visqueuses, pleines de croûtes et de cicatrices se glissèrent hors de la
robe du Détraqueur, prêtes à l’attraper. Un bruit envahit les oreilles de Harry.
« Spero Patronum ! »
Sa voix semblait vague et lointaine. Une autre ombre de vapeur argentée, plus faible
encore que la précédente, sortit de sa baguette — il n’y arrivait plus, il ne parvenait plus
à lancer le sort.
Un rire résonnait dans sa propre tête, un rire strident, aigu… Il sentait l’haleine putride,
froide comme la mort du Détraqueur qui remplissait ses poumons, le noyait — pense…
quelque chose de joyeux…
Mais il n’y avait aucune joie en lui… Les doigts glacials du Détraqueur se refermaient
sur sa gorge — le rire aigu devenait de plus en plus fort, et une voix parla dans sa tête : «
Incline-toi devant la mort, Harry… ce n’est peut-être même pas douloureux… je n’en
sais rien… je ne suis jamais mort… »
Il ne reverrait plus jamais Ron et Hermione —
Et leurs visages surgirent clairement dans son esprit alors qu’il cherchait à reprendre sa
respiration.
« SPERO PATRONUM ! »
Un gigantesque cerf argenté jaillit du bout de la baguette de Harry ; ses bois
enfourchèrent le Détraqueur à l’endroit où son coeur devait être ; il fut projeté en arrière,
léger comme l’ombre, et alors que le cerf revenait à la charge, le Détraqueur s’enfuit tel
une chauve-souris, défait.
« PAR ICI ! » cria Harry au cerf. Se retournant, il courut le long de la ruelle, tenant la
baguette allumée au-dessus de la tête. « DUDLEY ? DUDLEY ! »
Il n’avait fait qu’une douzaine de pas quand il les atteignit : Dudley était recroquevillé
par terre, ses mains crispées lui couvrant le visage. Un deuxième Détraqueur était
accroupi juste au-dessus de lui, lui tenant les poignets de ses mains visqueuses, les
écartant lentement, presque affectueusement, baissant sa tête encapuchonnée vers le
visage de Dudley, sur le point de l’embrasser.
« ATTRAPE-LE ! » Hurla Harry, et, dans un rugissement, le cerf argenté qu’il avait
conjuré le dépassa au galop. La tête sans yeux du Détraqueur était au mieux à un
centimètre de Dudley quand les bois du cerf le happèrent ; la chose fut projetée en l’air
et, comme son semblable, elle s’envola et fut avalée par l’obscurité ; le cerf partit au petit
galop vers le bout de la ruelle et se dissipa en une brume argentée. La lune, les étoiles et
les lampadaires brillaient à nouveau. Une brise chaude balayait la ruelle. Les arbres
bruissaient dans les jardins alentour, et le grondement habituel des voitures dans
Magnolia Crescent emplit l’air à nouveau. Harry se tenait presque immobile, tous ses
sens en éveil, le temps de s’habituer à ce brusque retour à la normalité. Au bout d’un
moment, il se rendit compte que son T-shirt lui collait à la peau ; il était trempé de
sueur. Il n’arrivait pas à croire à ce qui venait de se passer. Des Détraqueurs ici, à Little
Whinging.
Dudley était toujours recroquevillé sur le sol, tremblant et gémissant. Harry se pencha
pour voir s’il était en état de se relever, mais il entendit quelqu’un courir d’un pas pesant
derrière lui. Instinctivement, il leva sa baguette et pivota sur ses talons pour faire face au
nouveau venu. Mme Figg, leur vieille voisine cinglée, arriva toute essoufflée. Ses boucles
grisonnantes sortaient de son filet à cheveux, un sac de courses se balançait sur son
poignet en cliquetant et ses pieds étaient à moitié sortis de pantoufles en tissu écossais.
Harry s’apprêtait à dissimuler rapidement sa baguette, mais —
« Ne la range pas, imbécile ! » Cria-t-elle. « Et s’il y en avait d’autres ? Oh, je vais tuer
Mundungus Fletcher ! »
Chapitre 1:L'autre ministre
Minuit approchait et le premier ministre était assis seul dans son bureau, lisant une longue
circulaire qui glissait sur son cerveau sans laisser la plus petite trace de compréhension
derrière elle. Il attendait un appel du président d'un pays très lointain, et entre se
demander quand ce pauvre homme allait téléphoner, et essayer de sortir de sa mémoire
les souvenirs déplaisants de ce qui avait été une très longue, fatiguante, et difficile
semaine, il ne restait plus beaucoup de place dans sa tête pour quoi que ce soit d'autre.
Plus il essayait de se concentrer sur ce qui était écrit surla page devant lui, plus il pouvait
nettement voir le visage triomphant de l'un de ses opposants politiques. Cet opposant en
particulier était apparu aux nouvelles ce jour là, non seulement pour énumérer toutes les
terribles choses qui étaient survenues cette dernière semaine (comme si quelqu'un avait
besoin qu'on lui rappelle) mais aussi pour expliquer en quoi chacune et toutes en fait était
la faute du gouvernement.
Le pouls du premier ministre accéléra à la seule pensée de ces accusations, car elles
n'étaient ni justes ni vraies. Comment diable son gouvernement était-il supposé avoir
empéché ce pont de s'écrouler ? C'était scandaleux de la part de quiconque de suggérer
qu'ils ne dépensait pas assez pour les ponts. Le pont datait de moins de 10 ans, et les
meilleurs experts ne trouvaient pas de raison à ce qu'il se soit brisé proprement en deux,
envoyant une douzaine de voitures dans la rivière peu profonde en dessous. Et comment
quiconque oserait suggérer que c'était le manque de policiers qui avait conduit aux deux
répugnants mais très médiatiques meurtre ? Ou que le gouvernement aurait du prédire
l'ouragan exceptionnel à l'ouest du pays qui avait causé tant de dommages aussi bien aux
gens qu'aux biens ? Et était-ce de sa faute si l'un de ses ministres assistants, Herbert
Chorley avait choisi cette semaine pour agir de manière si étrange qu'il allait désormais
passer beaucoup plus de temps avec sa famille ?
« une humeur lugubre s'est emparée du pays », avait conclu son adversaire, dissimulant à
peine son large sourire
et malheureusement c' était parfaitement vrai. Le premier ministre le sentait lui-même, les
gens semblaient plus malheureux que d'habitude. Même le temps était déprimant, toute
cette froide brume au milieu de juillet.... ce n'était pas juste, ce n'était pas normal....
Il tourna la deuxième page de la circulaire, vit jusqu'où ça continuait, et abandonna car ça
ne valait pas le coup.
Étirant ses bras au-dessus de sa tête, il parcourut son bureau d'un regard triste. C'était
une belle pièce, avec une splendide cheminée en marbre faisant face à une fenètre à
guillotine , résolument fermée contre ce froid d'une autre saison. Avec un léger frisson, le
premier ministre se leva et se dirigea vers la fenètre, regardant au dehors la mince brume
qui se pressait contre la vitre. C'est la, alors qu'il se tenait dos à la pièce, qu'il entendit
unléger toussotement derrière lui
Il se figea, nez à nez avec son propre reflet terrifié dans la vitre sombre. Il connaissait
cette toux. Il l'avait entendu auparavant. Il se tourna très lentement afinde faire face à la
pièce vide.
"bonjour ?" dit-il, essayant de paraitre plus brave qu'il ne se sentait.
Pendant unbref moment, il se permit l'impossible espoir que personne ne lui répondrait.
Cependant, une voix répondit immédiatement, une vive, tranchante voix qui s'exprimait
comme si elle lisait une déclaration préparée. Cela venait, comme le premier ministre
l'avait su dès la première toux, de l'homme mal haBillé qui portait une longue perruque
argentée, dépeint dans une petite, peinture à l'huile salie dans le coin le plus éloigné de la
pièce.
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"Au premier ministre des moldus. Urgent que nous nous rencontrions. Prière de répondre
rapidement. Sincérement, Fudge.
l'homme dans la peinture regarda d'un air curieux le premier ministre.
"Euh," dit le premier ministre, "écoutez... ce n'est pas un très bon moment pour moi...
j'attends un appel téléphonique, vous voyez... du président du..."
"Ceci peut être réarrangé" dit le portrait immédiatement. Le coeur du premier ministre
sombra. Il avait eu peur de ça.
"Mais j'aurais vraiment préféré espérer parler ..."
"Nnous pouvons nous arranger pour que le président oublie d'appeler. Il téléphonera
demain soir à la place," dit le petit homme. "prière de répondre immédiatement à M
Fudge."
"Je.. oh... très bien," dit le premier ministre faiblement."Oui, Je verrais Fudge."
il se précipita derrière son bureau, arrangeant sa cravate tout en s'y rendant. Il avait à
peine atteint son siège, et arrangé son visage en une expression détendue et blasée,
qaund de brilantes flammes vertes éclatérent dans le grillage vide de l'âtre sous le
dessus-de-cheminée en marbre. Il observa, essayant de ne pas trahir une oscillation de
surprise ou d'alarme, comme un homme corpulent apparaissait à l'intérieur des flammes,
tournoyant très rapidement.Quelques secondes plus tard, il avait grimpé sur un tapis aussi
ancien que délicat, secouant les cendres avec le dos de sa main, des manches de son
manteau sans épingles, un chapeau rond vert cittron dans sa main.
"Ah... premier ministre,"dit Cornélius Fudge, marchant vers lui la main tendue. "Bon de
vous revoir à nouveau."
le premier ministre ne pouvait pas honnétement lui retourner son compliment, alors il ne
dit rien du tout. Il n'était pas vraiment ravi de voir Fudge, dont les apparitions
occasionnelles, en plus d'être directement préoccupantes elles même, signifiaient
généralement qu'il était sur le point d'entendrede très mauvaises nouvelles.
De plus, Fudge semblait clairement rongé par l'angoisse. Il était plus mince, plus chauve,
et plus gris, et son visage avait un air chiffonné. Le premier ministre avait vu ce genre d'air
chez les hommes politiques auparavant, et il n'avait jamais présagé qulequechose de bon.
"Coment puis-je vous aider ?" dit-il, serrant la main de Fudge très briévement et faisant un
geste en direction de la chaise la plus dure devant son bureau.
"Difficile de savoir par où commencer," murmura Fudge, tatteignant la chaise, s'asseyant,
et plaçant son chapeau rond vert sur ses genoux. "Quelle semaine, quelle semaine..."
"Vous en avez eu une mauvaise vous aussi n'est-ce pas?" demanda le premier ministre
durement, espérant faire comprendre par là qu'il en avait dejà assez sur les bras sans que
fudge en rajoute en plus.
"Oui, bien sur" dit Fudge frottant ses yeux d'un air fatigué et regardant tristement le
premier ministre.
"J'ai eu la même semaine que vous avez eue, M le premier ministre. Le pont de
Brockdale... Les meurtres des Bones et Vance... sans mentionner l etumulte dans louest
du pays..."
" Vous ----euh----votre----Je veux dire, certains des vôtres étaient---- étaient impliqués
dans ces---- ces choses n'est ce pas?"
Fudge fixa le premier ministre avec un air plutôt sévère. " Bien sur qu'ils l'étaient," dit-il,
"Assurément vous avez réalisé ce qui se passait ?"
"Je..." hésita le premier ministre.
C'était précisément le genre d'attitude qui faisait qu'il n'aimait pas les visites de Fudge tant
que ça. Il était, après tout, le premier ministre et il n'appréciait pas qu'on le fasse se sentir
comme un écolier inorant. Mais bien sur, c'était comma ça depuis sa toute première
rencontre avec Fudge lors de sa toute première nuit comme premier ministre. Il s'en
souvenait comme si c'était hier et savait qu'elle le hanterait jusqu'au jour de sa mort.
Il se tenait seul dans ce même bureau, savourant le triomphe qui était le sien après tant
4
d'années de rêves et de plans, quand il entendit un toussotement derrière lui, juste
comme ce soir, et se tourna pour trouver ce vilain petit portrait lui parlant, annonçant que
le ministre de la magie était sur le point d'arriver pour se présenter.
Naturellement, il avait pensé que la longue campagne et la tension de l'élection l'avait
rendu fou. Il avait été complétement terrifié de trouver un portrait lui parlant, bien que ça
n'ait rien été par rapport à comment il se sentit quand un sorcier auto proclamé avait jailli
de sa cheminée et lui avait serré la main. Il était resté sans voix durant les aimables
explications de Fudge comme quoi il y aurait des sorcières et des sorciers vivant toujours
en secret autour du monde et son réconfort qu'il ne devait pas s'en encombrer l'esprit car
le ministère de la magie prenait la responsabilité de toute la communauté des sorciers et
empéchait la population non magique d'entendre parler d''eux. C'était, disait Fudge, un
travail difficile qui comprenait tout depuis les réglements sur l'usage responsable de s
balais jusqu'à garder la population de dragons sous contrôle (le premier ministre se
souvint avoir attrapé le bureau pour avoir un soutien à ce moment là). Fudge avait alors
tapoté l'épaule du premier ministre encore sidéré d'une façon paternelle.
'Ne vous inquiétez pas," avait-il dit, "Il y a peu de chance que vous me revoyez jamais. Je
ne vous embéterait que si quelque chose de vraiment sérieux arrive de notre coté,
quelque chose qui affecterait probablement les moldus – la population non magique, je
devrais dire. Autrement, c'est vivre et laisser vivre. Et je dois dire, vou sle prenez
beaucoup mieux que votre prédécesseur. Il a essayé de me jeter par la fenètre, il pensait
que j'étais un canular monté par l'opposition."
"A cela, lepremier ministre retrouva enfin sa voix. "vous n'etes---vous n'etes pas un
canular, alors?
Cela avait été son dernier, desespéré espoir.
"Non," dit Fudge doucement. "Non, j'ai bien peur de ne pas l'être. Regardez."
Et il avait alords transformé la tasse de thé du premier ministre en gerBille
"Mais," dit le premier ministre à bout de souffle, regardant sa tasse de thé macher le coin
de son prochain discours, "Mais pourquoi----- pourquoi personne ne m'a jamais dit---?"
"le ou la ministre de la magie se fait connaitre seulement du premier ministre actuel des
moldus" dit Fudge, empochant sa baguette à l'intérieur de son manteau. "Nous trouvons
que c'est la meilleure façon de maintenir le secret."
"Mais alors," chevrotta le premier ministre, "pourquoi un précédent premier ministre ne
m'a-t'il pas informé----?"
à cela, Fudge avait rit en fait.
"Mon cher premier ministre, allez -vous jamais le dire à qui que ce soit?"
Toujours gloussant, Fudge avait jeté une poudre dans la cheminée, marché dansles
flammes d'émeraude et disparu dans un souffle. Le premier ministre était resté debout là,
quasiment sans mouvement, et avait réalisé que jamais, aussi longtemps qu'il vivrait, il
n'oserait mentionner cette rencontre à âme qui vive, car qui dans le monde entier le
croirait ?
Le choc avait pris un peu de temps pour disparaitre. Pendant un temps, il avait essayé de
se convaincre que Fudge avait bien été une halucination causée par le manque de
sommeil durant son épuisante campagne d'élection. Dans une vaine tentative pour se
débarasser de tout souvenir de cette inconfortable rencontre, il avait donné sa gerBille à
sa nièce enchantée et ordonné à son secrétaire particulier de décrocher leportrait du petit
homme laid qui avait annoncé l'arrivée de Fudge. Au grand effarement du premier
ministre, cependant, le portrait s'était avéré impossible à retirer. Quand plusieurs
charpentiers, un entrepreneur ou deux, un historien de l'art et le chancellier de l'échiquier
eurent tous essayé sans succès de l'arracher au mur, le premier ministre arréta d'essayer
et résolut simplement d'espérer que cette chose reste immobile et silencieuse pour le
temps qui lui restait à passer dans ce bureau. De temps en temps, il aurait pu jurer avoir
vu du coin de l'oeil l'occupant de la peinture bailler, ou bien se gratter le nez, même, une
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ou deux fois, simplement marcher en dehors de son cadre et ne rien laisser derrière lui
qu'une toile tendue d'un marron boueux. Cependant, il s'était conditionné à ne pas
regarder la peinture tant que ça, et à toujours se dire que ses yeux lui jouaient des tours
quand quelque chose de ce genre arrivait.
Puis, il y a 3 ans, durant une nuit très semblable à celle ci, le premier ministre était seul
dans son bureau quand le portrait avait une fois encore annoncé l'arrivée imminente de
Fudgen qui avait fait irruption de la cheminée, complétement trempé et dans un état de
panique important. Avant que le premier ministre ne puisse demander pourquoi il versait
des gouttes sur sontapis d'Axminster, Fudge avait commencé à divaguer à propos d'une
prison dont le premier ministre n'avait jamais entendu parler, un homme nommé "sérieux"
Black, quelquechose qui ressemblait à "Poudlard" et ungarçon nommé Harry Potter,
rienqui n'ait le moindre sens pour le premier ministre.
"...Je reviens juste d'Azkaban," avait haleté Fudge, enlevant énormément d'eau de la
frange de son chapeau melon. "milieu de la mer du nord, vous savez, voyage
désagréable... les détraqueurs sont en colère"----il frissonna----"ils n'avaient jamais eu
d'évasion avant. En tous cas, je devais venir vous voir, premier ministre. Black est untueur
de moldus reconnu et peut avoir prévu de rejoindre vous savez qui... mais bien survous
ne savez même pas qui est vous savez qui!" il avait fixé sans espoir le premier ministre
pendant un moment, puis dit, "bien, asseyez-vous, asseyez-vous, je ferais mieux de
compléter ce que vous savez déjà...prenez un whisky..."
Le premier ministre fut plutôt offensé d'être prié de s'asseoir dans son propre bureau, en
plus de se voir offrir son propre whisky, mais il s'assit néanmoins. Fudge sortit sa
baguette, fit apparaitre de nulle part deux grands verres d'un liquide ambre, en poussa un
d'eux dans la main du premier ministre, et se tira une chaise.
Fudge avait parlé pendant plus d'une heure. A un certain point il avait refusé de prononcer
un certain nom à voix haute et l'avait écrit à la place sur un morceau de parchemin, qu'il
avait dans la main libre de whisky du premier ministre. Quand enfin Fudge s'était levé
pour partir, le premier ministre s'était levé également.
"alors vous pensez que...." il avait jeté un coup d'oeil au nom dans sa main gauche. "lord
vol----"
"celui dont on ne doit pas prononcer le nom!" avait grondé Fudge
"je suis désolé... vous pensez que celui dont on ne doit pas prononcer le nom est toujours
envie alors?"
"et bien, Dumbledore dit qu'il l'est," dit Fudge, comme il agrafait son manteau sous son
menton.
"mais nous ne l'avons jamais trouvé. Si vous me demandez, il n'est pas dangereux à
moins qu'il n'ait des renforts, alors c'est Black dont nous devrions nous soucier. Vous
diffuserez cet avertissement n'est ce pas?excellent. Bien, j'espère que nous ne nous
verrons plus jamais tousles deux m le premier ministre ! Bonne nuit."
Mais ils s'étaient vus à nouveau. Moins d'un an après un Fudge à l'air tourmenté était
apparu d enulle part dans le petit bureau pour informer le premier ministre qu'il y avait eu
un petit souci lors de la coupe du monde de kwidditch (ou ca ressemblait à ça) et que
plusieurs moldus avaient été "impliqués", mais que le premier ministre ne devait pas
s'inquiéter, le fait que la marque de vous savez qui soit apparue à nouveau ne signifiait
rien, Fudge était sur que c'était un accident isolé, et l ebureau de liaison avec les moldus
était en train de traiter toutes les modifications de mémoires en même temps qu'ils
parlaient.
"oh j'ai failli oublié," avait ajouté Fudge." nous importons trois dragons étrangers et un
sphinx pour le tournoi des trois sorciers, presque de la routine, mais le département de
régulation et contrôle de scréatures magiques me dit que d'après le livre des règles nous
devons vous lenotifier si nous amenons des créatures très dangereuses dans le pays"
"Je----quoi----des dragons ?"bafouilla le premier ministre.
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"oui trois," dit Fudge"et un sphinx. Bien bonne journée à vous"
le premier ministre avait espéré au delà de tout espoir que les dragons et les sphinx serait
le pire de tout, mais non. Moins d e2 ans après, Fudge avait fait irruption du feu à
nouveau, cette fois avec une évasion massive d'Azkaban.
"une évasion massive?" avait répété le premier ministre d'une voix rauque.
"pas besoin de s'inquiéter, pas besoin de s'inquiéter! Avait crié Fudge, déjà avec un pied
dans les flammes."nous les aurons coincés en un rien de temps---- je pensais juste que
vous deviez le savoir!"
et avant que le premier ministre puisse crier "non attendez juste une minute !" Fudge avait
disparu dans une averse d'étincelles vertes.
Quoi que la presse et l'opposition puisse dire, le premier ministre n'était pas un homme
stupide. Il ne lui avait pas échappé que, malgré l'assurance de Fudge à leur première
entrevue, il se voyaient désormais beaucoup tous les deux, ni que Fdge devenait de plus
en plus confus à chaque visite. Si peu qu'il aime penser au ministre de la magie(ou
comme il l'avait toujours appellé pour lui même, l'autre ministre), le premier ministre ne
pouvait s'empécher de craindre que la prochaine fois que Fudge apparaitrait ce serait
avec de plus graves nouvelles encore. (the site) Cette ,fois, par conséquent ou Fudge
sortant du feu une fois encore, paraissant échevelé et sérieusement surpris que le
premier ministre ne sache pas exactement pourquoi il était là, était la pire chose qui soit
arrivée au cours de cette semaine extrémement sombre.
"comment aurait-je pu savoir ce qui se passe dans la------euh--------communauté des
sorciers?" répliqua le premier ministre."j'ai un pays à diriger et assez de soucis pour le
moment sans----"
"nous avons les mêmes soucis," l'interrompit Fudge. " le pont de Brockdale ne s'est pas
usé. Ce n'était pas réellement un ouragan. Les meurtres n'ont pas été commis par des
moldus. Et la famille d'Herbert Chorley serait plus en sécurité sans lui. Nous faisons à
présent le nécessaire pour qu'il soit transféré à l'hopital St Mungo pour les maladies et
blessures magiques. Le déplacement devrait se faire ce soir"
"que voulez vous... j'ai bien peur... quoi? Tempéta le premier ministre.
Fudge pris une grande, profonde inspiration et dit, "M le premier ministre, je suis désolé
de devoir vous apprendre qu'il est de retour. Celui dont on ne doit pas prononcer le nom
est de retour."
"de retour? Quand vous dites 'de retour'... il est vivant? Je veux dire-----"
Le premier ministre chercha dans sa mémoire pour retourver les détails de cette horrible
conversation trois ans auparavant, quand Fudge lui avait parlé de ce sorciercraint par tout
le monde, le sorcier qui avait commis un millier de crimes terribles avant de disparaitre
mystérieusement 15 ans plus tôt.
"oui en vie," dit Fudge. "c'est----je ne sais pas--- un homme est-il en vie s'il ne peut pas
être tué? Je ne comprends pas vraiment et Dumbledore ne veut aps expliquer clairement
—-mais en tout cas il a certainement un corps et marche, parle et tue, alors je suppose,
pour les besoins de la discussion, oui il est en vie"
Le premier ministre ne savait pas quoi dire, mais une habitude tenace de toujours paraitre
bien informé quel que soit le sujet qui survienne lui fit chercher tous les détails dont ils
pouvait se souvenir de leurs précédentes conversations.
"est ce que sérieux black est avec---euh---celui dont on ne doit pas pronnoncer le nom ?"
"black? Black? Dit Fudge distraitement, faisant tourner son chapeau rond rapidement
entre ses doigts. "sirius black vous voulez dire ? Par la barbe de merlin, non. Black est
mort. Il s'est avéré que nous nous – euh- trompions à propos de black. Il était innocent
après tout. Et il ne s'était âs joint à celui dont on ne doit pas pornoncer le nom non plus.
Je veux dire, ajouta-t'il sur la défensive, faisant tourner son chapeau melon encore plus
vite, "toutes les preuves étaient contre lui --- nous avions plus de 50 témoins directs –
mais de toute façon, comme je l'ai dit, il est mort.assasiné en fait dans les buraux du
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ministère. Il va y avoir une enquète en fait..."
a sa grande surprise, le premier ministre ressentit un cours élan de pitié pour Fudge à ce
point. Il fut toutefois, éclipsé quasi instantanément par une poussée d'auto satisfaction à
la pensée que, incapable autant qu'il puisse l'être dans le domaine des apparitions dans
les cheminées, il n'y avait jamais eu de crime dans aucun département du gouvernement
sous son mandat... pas encore en tous cas...
Pendant que le premier ministre touchait subrepticement le bois de son bureau, Fudge
continua, "mais les Blacks sont éteints à présent. L'essentiel est que nous sommes en
guerre, m le premier ministre, et des mesures doivent être prises."
"en guerre? Répéta le premier ministre nerveusement. " il y a surement un peu
d'exagération ?"
"celui dont on ne doit pas prononcer le nom a maintenant été rejoint par ses partisans qui
se sont échappés d'Azkaban en janvier," dit Fudge, parlant de plus en plus rapidement et
faisant tournoyer son chapeau rond si fite qu'il devenait une tahce vert citron. "depuis
qu'ils sont apparus au grand jour, il y a eu des ravages. Le pont de brockdale --- il l'a fait,
m le premier ministre, il a menacé d'un meurtre massif de moldus si je ne lui cédait pas
ma placeet---
"bonté divine, alors c'est votre faute si ces gens sont morts et que je dois répondre à des
questions sur des gréements rouillés et des joints d'expansion rongés et je ne sais quoi
d'autre ! Dit furieusement le premier ministre.
"ma faute!" dit Fudge, s'empourprant. "etes-vous en train de dire que j'aurai du céder au
chantage comme ça ?"
"peut etre non dit le premier ministre en se levant et parcourant la pièce, mais j'aurai placé
tous mes efforts dans la capture du maitre chanteur avant qu'il ne commette une telle
atrocité!"
"pensez-vous vraiment que je ne fais pas déjà tous les efforts nécessaires?" demandit
Fudge aprement. "chaque auror du ministère était – et est- en train d'essayer de le trouver
et d'attraper ses serviteurs, mais nous parlons là du plus puissant sorcierde tous le
stemps, un sorcier qui a évité d'etre capturé depuis 30 ans !"
"alors je suppose que vous allez me dire qu'il a causé l'ouragan dans l'ouest du pays
également ? Dit le premier ministre, son calme s'évanouissant à chaque pas qu'il faisait.
C'était irritant de découvrir la raison de tous ces terribles désastres et de ne pas pouvoir le
dire au public, presque pire que si c'était la faute du gouvernement après tout.
"ce n'était pas un ouragan" dit misérablement Fudge
"excusez-moi!" aboya le premier ministre, maintenant piétinant sur place. " arbres
arrachés, toits soulevés, lampadaires écroulés, horribles blessures----"
"c'était les mange morts" dit Fudge "les partisans de celui dont on ne doit pas prononcer
le nom. et... et nous soupconnons une implication des géants"
Le premier ministre s'arréta sur place comme s'il avait heurté un mur invisible. "quelle
implication ?
Fudge grimaça."il avait l'habitude de recourir aux géants la dernière fois, quand il voulait
produire un grand effet" dit-il
"le bureau de désinformation a travaillé sans s'arréter, nous avons des oubliviators dehors
essayant de modifier les mémoires de smoldus ayant vu ce qui s'est réellement passé,
nous avons la plupart des membres du département de régulation et de contrôle des
créatures magiques faisant le tour de la pendule, mais nous ne trouvons pas les géants –
ca été un désastre."
"ce n'est pas vrai!" dit le premier ministre furieusement.
"je ne nierais pas que le moral est vraiment bas au ministère," dit Fudge. "avec tout ça
perdre Amélia Bones."
"perdre qui?"
"Amélia Bones. chef du département de l'abus de la magie. Nous pensons que celui dont
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on ne doit pas prononcer le nom la tuée en personne, car c'était une sorcière très douée
et---et toutes le spreuves montrent qu'elle a livré un vrai combat"
Fudge se racla la gorge et, avec un effort il sembla, arréta de faire tourner son chapeau.
Mais ce meurtre était dans le sjournaux," dit le premier ministre, oubliant temporairement
sa colère? "nos journaux. Amélia Bones... ca disait juste que c'était une femme entre deux
ages qui habitait seule c'était --- un sale assassinat n'est ce pas? Ca a eu beaucoup de
publicité. La police est déconcertée vous voyez"
Fudge soupira "bien sur qu'ils le sont" dit il"tuée dans une pièce fermée de l'intérieur n'est
ce pas? Nous de notre coté savons exactement qui l'a fait, non que ça nous rapproche de
l'attraper. Et ensuite il y a eu emmeline vance, peut etre n'avez vous pas entendu parler
de ce meurtre là?"
"oh si j'en ai entendu parler!" dit le premier ministre. "c'est arrivé juste au coin de la rue, en
fait. Les journaux en ont eu pour une journée compléte avec, "infraction de la loi et de
l'ordre dans l'arrière cour du premier ministre."
"et comme si ça n'était pas suffisant"ditFudge, écoutant à peine le premier ministre, "nous
avons des détraqueurs grouillant partout, attaquant les gens de toute parts"
Une fois encore par des temps plus heureux cette phrase aurait été incompréhensible
pour le premier ministre, mais il était plus au courant désormais.
"je pensais que les détraqueurs guardaient les prisonniers à Azkaban" dit-il avec
précaution.
"ils le faisaient" dit Fudge d'un ton las"mais plus à présent. Il sont déserté la prison et
rejoint celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Je ne prétendrais pas que ça n'a pas
été un sale coup."
"mais," dit le premier ministre, sentant poindre la terreur, "n'avez vous pas dit que ce sont
des créatures qui enlévent tout espoir et joie des gens ?"
"c'est vrai. Et elles se reproduisent. C'est ce qui cause tout ce brouillard"
le premier ministre sombra, les genoux faibles dans la chaise a plus proche. L'idée de
créatures invisibles attaquant de par les villes et la campagne, semant le désespoir et le
découragement parmi ses votants le fit presque défaillir.
"non reagrdez Fudge--- vous devez faire quelque chose! C'est votre responsabilité en tant
que ministre de la magie !"
"mon cher premier ministre, vous ne pouvez âs honnétement penser que je serais
toujours ministre de la magie après tout ça? J'ai été renvoyé il y a trois jours ! Toute la
communauté des sorciers a exigé mon renvoi pendant deux semaines. Je ne les ait
jamais vu si unis pendant toute la durée de mon mandat !" dit Fudge dans une
courageuse tentative pour
sourire
l epremier mministre perdit momentanément l'usage de la parole. En dépit de sa colère
face à la sitation dans laquelle il l'avait placé, il aimait bien l'homme diminué assis en face
de lui.
"je suis désolé"dit-il finalement. "y-a-t'il quelque chose que je puisse faire?"
"c'est très gentil à vous, m le premier ministre, mais il n'y a rien. J'ai été envoyé ici cette
nuit pour vous mettre au courant des récents événements et pour vous présentermon
successeur. Je pense quil devrait être la depuis le temps mais bien sur il est très occupé
en ce moment avec tant de choses qui se produisent.
Fudge regarda le portrait du petit homme laid portant sa longue perruque argentée, qui
fouillait son oreille avec la pointe d'une plume. Voyant que Fudge le regardait, le portrait
dit, "il sera la dans un instant, il finit juste une lettre pour Dumbledore"
"je lui souhaite bonne chance,' dit fudge, semblant amer pour la première fois. "je lui ait
écrit deux fois par jour pendant les deux dernieres semaines, mais il n'a pas bougé. S'il
avait seulement été prêt à convaincre le garçon, je serais peut être toujours... bien peut
etre Scrimgeour aura-t'il plus de succés"
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Fudge se retira dans ce qui était clairement un silence attroisté, mais il fut brisé presque
immédiatement par le portrait, qui pris la parole soudainement de sa voix cassante et
officielle.
"au premier ministre des moldus. Demandons rencontre. Urgent. Prière de répondre
immédiatement. Rufus Scrimgeour, ministre de la magie."
"oui oui bien" dit le premier ministre distraitement, et il fut presque effrayé lorsque les
flammes dans l'atre tournérent au vert émeraude à nouveau, s'élevérent, et révélérent un
deuxième sorcier tournoyant en leur sein, le vomissant quelques instants plus tard sur le
tapis ancien.
Fudge se leva et, après un moment d'hésitation, le premier ministre fit de même,
regardant le nouvel arrivant se redresser, épousseter sa longue robe noire, et regarder
autour de lui.
La première pensée du premier ministre, stupide, fut que Rufus Scrimgeour ressemblait à
un vieux lion.
Il y avait des raies de gris dans sa crinière de cheveux fauves et ses sourcils
broussailleux, il avait de pénétrants yeux jaunatres derrière une paire de lunettes avec
une monture en fil de fer et une certaine élégance meme s'il marchait avec un léger
boitillement. Il eut une impression immédiate de
dureté et d'ingéniosité, le premier ministre pensa qu'il comprenait pourquoi la
communauté des sorciers préférait Scrimgeour à fudge comme leader en ces temps
dangereux.
"comment allez vous?" dit le premier ministre poliment, tendant sa main.
Scrimgeour l'attrappa briévement, ses yeux parcourant la pièce, puis sortit sa baguette de
sous sa robe.
"Fudge vous a tout raconté ?" demanda-t'il, marchant vers la porte et pressant sa
baguette sur le trou de la serrure. Le premier ministre entendit un bruit de verrou.
"euh oui,"dit le premier ministre. "et si ca ne vous derange pas, je préférerais que le porte
reste ouverte"
"je préférérais ne pas être interrompu" dit scrimgeour séchement,"ou espionné" ajouta-t'il,
pointant sa baguette vers la fenêtre, afin que les rideaux se ferment dessus."bien, oui, je
suis un homme très occupé, alors allons droit au but. En premier lieu nous devons
discuter de votre sécurité"
Le premier ministre se redressa le plus haut qu'il put et répondit, "je suis parfaitement
heureux avec la sécurité que j'ai déjà merci beauc---"
"et bien nous ne le sommes pas" coupa Scrimgeour. "je serais un pauvre protecteur des
moldus si leur premier ministre était placé sous le sort de l'impérium. Le nouveau
secrétaire de votre bureau externe---"
"je ne me débarasserais pas de Kingsley Shackelbolt, si c'est ce que vous suggérez:"dit le
premier ministre avec émotion. "il est très efficace, abat deux fois plus de travail que le
reste des--"
"c'est ârceque c'est unsorcier" dit Scrimgeour, sans l'ombre d'un sourire."un auror très
bien entrainé qui vous a été assigné pour votre protection"
"non attendez une minute! Déclara le premier ministre."vous ne pouvez pas juste placer
vos gens dans mon bureau, je décide qui travaille pour moi---"
"je croyais que vous étiez heureux avec Shackelbolt? Dit Scrimgeour froidement
"je le suis---je veux dire, j'étais--"
"alors il n'y a pas de problème, non?" dit Scrimgeour.
"je... bien, tant que le travail de shackelbolt continue d'etre excellent" dit le premier
ministre sans conviction, mais Scrimgeour semblait à peine l'entendre
"maintenant, à propos d'Herbert Chorley, Votre ministre assistant" continua-t'il. "celui qui a
amusé la galerie en se prenant pour un cancrd
"quoi a propos de lui?"demandit le premier ministre
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"il a réagit à un sort d'impérium faiblement lancé" dit scrimgeour. "cela a altéré son
cerveau, mais il peut toujours etre dangereux"
"il n'a fait que cancaner!"dit le premier ministre faiblement. "surement qu'un peu de
repos.... peut etre en ralentissant sur la boisson...3
"une équipe de soigneurs de l'hopital St Mungo pour ls maladies et blessures magiques
l'examine pendant que nous parlons. Jusque la il a essayé d'étrangler trois d'entre eux" dit
Scrimgeour. "je pense préférable que nous le retirions de la société de smoldus pendant
un temps"
"je ... bien il va se remettre n'est ce pas?" dit le premier ministre anxieusement
Scrimgeour haussa seulement les épaules, se déplaçant déjà vers la cheminée
"bien c'est vraiment tout ce que j'avais à dire. Je vous tiendrais informé de sprogrès, m le
premier ministre – ou au moins je serais probablement trop occupé pour venir
personnellement auquel cas j'enverrais Fudge ici. Il a consenti à rester en tant que
conseiller
Fudge essaya de sourire, mais n'y réussit pas, il sembla simplement avoir mal aux dents
Scrimgeour fouillait déjà dans sa poche cherchant la mystérieuse poudre qui rendait le feu
vert. Le premier ministre les reagarda tous les deux sans espoir pendant un moment, puis
le smots qu'il avait cherhcé à supprimer toute la soirée jaillierent finalement.
"mais pour l'amour de dieu-- vous etes sorciers! Vous pouvez faire de la magie! Surement
vous pouvez arranger--- et bien--- n'importe quoi !
Scrimgeour se tourna lentement et écangea un regard dubitatif avec fudge, qui réussit
vraiment à sourire cette fois ci en disant gentiment, "le problème est que l'autre coté peut
faire de la magie égéalement, m le premier ministre"
et sur cela, les deux sorciers marchérent l'un après l'autre dans le feu d'un vert éclatant et
disparurent.