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harrypotteretlesreliquesdelamort
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Venez si vous voulez en savoir plus sur harry potter et les reliques de la mort.
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
01.08.2007
Dernière mise à jour :
10.08.2007
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Chapitre 1 du tome 5

Chapitre 1 du tome 5

Posté le 10.08.2007 par harrypotteretlesreliquesdelamort
Chapitre 1:Dudley Détraqué
Le jour le plus chaud de l’été jusqu’alors touchait à sa fin et un silence léthargique
régnait sur les grandes maisons carrées de Privet Drive. Les voitures, d’habitude
reluisantes se trouvaient couvertes de poussière dans leur allée et les pelouses
auparavant d’un vert émeraude s’étendaient desséchées et jaunissantes — car l’usage de
tuyaux d’arrosage avait été proscrit en raison de la sécheresse. Privés de leurs passetemps
habituels, lavage de voiture et tonte de pelouse, les habitants de Privet Drive
s’étaient retirés à l’ombre de leurs maisons fraîches, les fenêtres grandes ouvertes dans
l’espoir d’attirer une brise qui demeurait inexistante. La seule personne encore dehors
était un adolescent allongé sur le dos dans un parterre de fleurs devant le numéro
quatre.
C’était un garçon maigre, aux cheveux noirs, portant des lunettes, qui avait l’allure
quelque peu chétive et maladive de quelqu’un qui a beaucoup grandi en peu de temps.
Son jean était déchiré et sale, son T-shirt ample et délavé et les semelles de ses baskets
se décollaient à l’avant. L’apparence de Harry Potter ne le rendait pas attachant aux yeux
des voisins, qui étaient du genre à penser qu’une tenue débraillée devrait être punie par
la loi, mais comme il s’était caché derrière un grand buisson d’hortensias, il était
relativement invisible pour les passants ce soir là. En fait, il n’aurait pu être repéré à
moins que son oncle Vernon ou sa tante Pétunia passent la tête par la fenêtre du salon
et regardent le parterre de fleurs pile en-dessous.
Dans l’ensemble, Harry se félicitait d’avoir eu l’idée de se cacher là. Il n’était peut être
pas très confortable, allongé sur la terre chaude et dure, mais d’un autre côté, personne
ne le regardait en grinçant des dents si bruyamment qu’il ne pouvait pas écouter les
informations, ni ne lui lançait des questions désagréables comme c’était arrivé chaque
fois qu’il avait essayé de s’asseoir dans le salon pour regarder la télévision avec sa tante
et son oncle.
Comme si cette pensée avait pénétré en volant par la fenêtre ouverte, Vernon Dursley,
l’oncle de Harry, se mit soudain à parler.
« Content de voir que le gosse a cessé de nous importuner. Où est-il, d’ailleurs ? »
« Je ne sais pas », dit la tante Pétunia, indifférente. « Pas à la maison. »
L’oncle Vernon grogna.
« …en train de regarder les informations » dit-il d’un ton cinglant. « J’aimerais bien
savoir ce qu’il prépare. Comme si un garçon normal se souciait de ce qu’il y a aux infos.
Dudley n’a pas la moindre idée de ce qui se passe ; je doute qu’il sache qui est le Premier
Ministre ! De toutes façons, ce n’est pas comme s’il pouvait y avoir quelque chose sur
les gens comme lui dans nos informations –»
« Vernon, chut ! » dit la tante Pétunia. « La fenêtre est ouverte ! »
« Oh — exact — désolé, chérie. »
Les Dursley se turent. Harry écouta une pub pour les céréales Fruit ’n’ Bran, tout en
regardant Mme Figg, une vielle dame cinglée qui adorait les chats, habitant dans Wisteria
Walk juste à côté, passer nonchalamment. Elle fronçait les sourcils et se parlait à ellemême.
Harry était très content d’être dissimulé par le buisson, vu que Mme Figg s’était
récemment mis en tête de l’inviter à prendre le thé chaque fois qu’elle le croisait dans la
rue. Elle avait disparu au coin de la rue lorsque la voix de l’oncle Vernon s’éleva à
nouveau de la fenêtre.
« Dudlinouchet est sorti pour le goûter ? »
« Chez les Polkiss », dit la tante Pétunia avec tendresse. « Il s’est fait tant de copains, il
est si populaire… »
Harry réprima un ricanement avec difficulté. Les Dursley étaient étonnamment stupides
quant à leur fils, Dudley. Ils avaient tout gobé quand il avait prétendu goûter avec un
membre différent de sa bande chaque soir des vacances d’été. Harry savait parfaitement
bien que Dudley n’était allé goûter nulle part ; lui et sa bande passaient toutes leurs
soirées à saccager l’aire de jeux, à fumer aux carrefours et à jeter des pierres sur les
voitures et les enfants qui passaient par là. Harry les avait vus à l’oeuvre pendant ses
promenades vespérales dans Little Whinging ; il avait passé la majeure partie de ses
vacances à déambuler dans les rues, récupérant au passage les journaux dans les
poubelles.
Les premières notes du générique annonçant le journal de 19 heures parvinrent aux
oreilles de Harry et son estomac se noua. Ce soir peut-être — après un mois d’attente
— il y aurait quelque chose.
« Un nombre record de vacanciers immobilisés dans les aéroports, les bagagistes
espagnols entamant leur deuxième semaine de grève –»
« Foutez-leur un congé à vie, non mais écoutez-moi ça » gronda l’oncle Vernon plus fort
que la fin du discours du journaliste, mais peu importait : dehors dans le lit de fleur,
l’estomac de Harry se desserra. Si quelque chose était arrivé, cela eût certainement
constitué le premier titre du journal ; la mort et la destruction étaient plus importantes
que des vacanciers immobilisés.
Il libéra une lente respiration et contempla l’éclatant ciel bleu. Tous les jours cet été
avaient été pareils : la tension, l’appréhension, le soulagement passager puis de nouveau
l’angoisse… et toujours, progressant avec une insistance de plus en plus forte, la
question du pourquoi rien n’était encore arrivé ?
Il continua d’écouter, jute au cas où il y aurait quelques indices, mépris par les Moldus
— une disparition inexpliquée peut être, ou un accident curieux… mais la grève des
bagagistes fut suivie par des informations sur la sécheresse dans le sud-est (« j’espère
qu’il écoute à côté ! » meugla l’oncle Vernon « lui et ses arrosages à trois heures du matin
»), puis un hélicoptère qui avait failli s’écraser dans un champ dans le Surrey, ensuite le
divorce d’une célèbre actrice de son célèbre mari (« Comme si leurs histoires sordides
nous intéressaient » fit remarquer la tante Pétunia, qui avait suivi l’affaire avec un vif
intérêt dans tous les magazines sur lesquels elle était arrivé à poser sa main squelettique).
Harry ferma les yeux pour se protéger du ciel éblouissant dans la lumière du soleil
couchant tandis que le journaliste poursuivait «– et finalement, Bungy la perruche a
trouvé un nouveau moyen de rester zen cet été. Bungy, qui vit a Five Feathers a
Barnsley, a appris le ski nautique ! Mary Dorkins a cherché a en savoir plus. ». Harry
ouvrit les yeux. Si on avait atteint le ski nautique pour perruche, il n’y aurait plus rien
d’intéressant. Il roula prudemment sur son ventre et se mit à quatre pattes, se préparant
à s’éloigner de la fenêtre.
Il avait avancé d’environ cinq centimètres lorsque plusieurs événements se succédèrent
très rapidement.
Un violent crac déchira le silence léthargique comme un coup de feu ; un chat déboula
de sous une voiture et s’enfuit hors de vue ; un cri, un juron et le bruit d’une porcelaine
cassée venant de la salle de séjour des Dursey, et, comme si ç’avait été le signal
qu’attendait Harry, il se redressa d’un bond, tirant en même temps de la ceinture de son
jean une fine baguette de bois tel un chevalier tirant l’épée du fourreau — mais avant
qu’il ait pu se relever entièrement, le sommet de son crâne heurta la fenêtre ouverte des
Dursley. Le vacarme qui s’ensuivit fit crier la tante Pétunia de plus belle.
Harry eut l’impression que sa tête venait d’être fendue en deux. Les yeux humides, il
oscilla, essayant de discerner nettement la rue à travers ses larmes pour repérer la source
du bruit, mais il venait à peine de se relever quand deux grandes mains violacées
surgirent par la fenêtre ouverte et se refermèrent autour de sa gorge.
« Range — moi — ça ! » gronda l’oncle Vernon dans l’oreille de Harry
« Maintenant ! Avant — que quelqu’un — la remarque ! »
« Lâche — moi ! » Râla Harry. Pendant quelques secondes ils luttèrent, Harry tirant sur
les doigts semblables à des saucisses de son oncle avec sa main gauche, la droite
maintenant fermement sa baguette ; ensuite, alors que la douleur redoublait dans le
crâne de Harry, l’oncle Vernon cria et le relâcha comme s’il avait reçu un électrochoc.
Quelque force invisible avait semblé surgir de son neveu, le rendant impossible à tenir.
Haletant, Harry s’écroula dans la haie d’hortensias, se redressa et jeta un oeil alentour. Il
n’y avait aucun signe de ce qui avait causé le violent craquement, mais quelques têtes
sortaient de certaines des fenêtres voisines. Harry fourra à la hâte sa baguette dans son
jean et essaya d’arborer un air innocent.
« Belle soirée ! » cria l’oncle Vernon en faisant un signe de la main à Mme-du numérosept-
d’en-face, qui les observait de derrière ses rideaux. « Vous avez entendu cette
voiture qui vient juste de caler ? Ça nous a fait sursauter Pétunia et moi. »
Il continua de sourire, d’une façon horrible, comme un maniaque, jusqu’à ce que tous
les voisins curieux aient disparu de leurs fenêtres respectives, puis son sourire devint une
grimace de fureur lorsqu’il demanda à Harry de s’approcher.
Harry fit quelques pas dans sa direction, en restant soigneusement hors de la zone où les
mains tendues de l’oncle Vernon auraient pu reprendre leur étranglement. « Par le
diable, qu’est ce que ça signifie ? » demanda l’oncle Vernon d’une voix tremblante de
rage.
« Que signifie quoi ? » répondit calmement Harry. Il continuait de regarder à gauche et à
droite dans la rue, espérant toujours apercevoir celui qui avait produit le craquement.
« faire un vacarme comme si on donnait le départ d’une course avec un pistolet devant
notre –»
« Ce n’est pas moi qui ai fait ce bruit. » répondit Harry fermement.
La tête maigre et chevaline de la tante Pétunia était apparue derrière celle large et
pourpre de l’oncle Vernon. Elle semblait livide.
« Pourquoi étais-tu planqué sous la fenêtre ? »
« Oui — oui, bien vu Pétunia. Que faisais-tu sous notre fenêtre, gamin ? »
« J’écoutais les informations. » répondit Harry d’un ton résigné.
Son oncle et sa tante échangèrent des regards outragés.
« Tu écoutais les informations ! Encore ? »
« Eh bien, ça change tous les jours, vous savez… » dit Harry.
« Ne joue pas au plus malin avec moi, gamin ! Je veux savoir ce que tu magouilles
vraiment — et ne me ressors plus de j’écoutais les informations. Tu sais parfaitement
que les gens de ta sorte –»
« Fais attention Vernon ! » murmura la tante Pétunia, et l’oncle Vernon baissa le ton de
sorte que Harry l’entendait à peine. «– que les gens de ta sorte ne passent pas dans nos
informations ! »
« Vous n'en savez rien. »
Les Dursley le regardèrent avec des yeux ronds pendant quelques secondes, puis tante
Pétunia dit « Tu es un vilain petit menteur. Que font tous ces –», elle aussi baissa
l’intensité de sa voix à tel point que Harry dût lire sur ses lèvres les derniers mots, «–
hiboux sinon t’apporter des nouvelles ? »
« Aha ! » chuchota l’oncle Vernon d’un ton triomphant. « Ça t’en bouche un coin, gamin
! Comme si nous ne savions pas que tu as toutes les nouvelles que tu veux grâce à ces
pestilentiels volatiles ! »
Harry hésita un moment. Ça lui coûtait de dire la vérité cette fois, même si son oncle et
sa tante ne pouvaient pas comprendre combien il avait du mal à l’admettre.
« Les hiboux… ne m’apportent pas de nouvelles. » dit-il très faiblement.
« Tu ne me feras pas croire ça » répliqua tante Pétunia.
« Pas plus qu’à moi. » renchérit l’oncle Vernon avec force.
« Nous savons que tu prépares quelque chose de louche. »
« Nous ne sommes pas stupides, tu sais. » dit l’oncle Vernon.
« Eh bien, voilà au moins une nouvelle pour moi. » répondit Harry, de plus en plus
énervé, et avant que les Dursley n’aient eu le temps de le rappeler, il avait fait demi-tour,
traversé la pelouse, enjambé le muret du jardin, et arpentait la rue à grands pas.
Il aurait des ennuis maintenant et il en était conscient. Il devrait affronter tôt ou tard sa
tante et son oncle et payer le prix de son insolence, mais il ne s’en souciait pas trop pour
le moment ; des questions bien plus pressantes le préoccupaient.
Harry était sûr que le craquement avait été produit par une Apparition ou une
Disparition. C’était exactement le bruit que Dobby l’elfe de maison faisait lorsqu’il
s’évaporait, ne laissant à sa place que du vent. Était-il possible que Dobby fût à Privet
Drive ? Dobby pouvait-il être en train de le suivre à ce moment précis ? En pensant à
cela il se retourna et scruta Privet Drive, mais elle semblait complètement déserte et
Harry était sûr que Dobby ne savait pas se rendre invisible.
Il poursuivit son chemin, presque sans se rendre compte de sa direction, car
dernièrement il avait parcouru ces rues si souvent que ses pieds l’amenaient
automatiquement à ses planques favorites. Tous les cinq pas il lorgnait par-dessus son
épaule. Quelqu’un du monde magique l’avait approché tandis qu’il était allongé parmi les
bégonias mourants de la tante Pétunia, il en était certain. Pourquoi ne lui avaient-ils pas
parlé, pourquoi ne l’avaient ils pas contacté, pourquoi se cachaient-ils maintenant ?
Et soudain, alors que son sentiment de frustration atteignait son paroxysme, ses
certitudes s’enfuirent.
Peut-être que ça n’avait pas été un son magique après tout. Peut-être cherchait-il si
désespérément le moindre signe du monde auquel il appartenait, qu’il s’emballait pour
des bruits parfaitement anodins. Pouvait-il être sûr que ce n’avait pas été pas un bruit de
casse dans une maison voisine ?
Harry eut une sensation sourde s’enfonçant dans son estomac et avant qu’il ne s’en
rende compte, le sentiment de désespoir qui l’avait infesté tout l’été le submergea de
nouveau.
Le lendemain, il serait tiré de son sommeil à cinq heures par le réveil afin qu’il puisse
payer le hibou qui lui livrait la Gazette du Sorcier — mais à quoi bon continuer à la
recevoir ? Ces derniers jours, Harry jetait un coup d’oeil succinct à la Une avant de la
repousser de côté ; lorsque les idiots qui dirigeaient le journal réaliseraient enfin que
Voldemort était de retour, ce serait à la tribune, et c’était le seul genre de nouvelles dont
Harry se préoccupait.
Avec un peu de chance, il y aurait aussi des hiboux portant des lettres de ses meilleurs
amis, Ron et Hermione, bien que tous les espoirs qu’il avait eu que leurs lettres lui
apporteraient des nouvelles eussent été balayés depuis longtemps.
Nous ne pouvons pas en dire beaucoup à propos de Tu-Sais-Qui, bien sûr… On nous a
dit de ne rien dire d’important, au cas où nos lettres se perdaient… Nous sommes
plutôt occupés mais je ne peux pas te donner de détails ici… Il se passe plein de choses,
nous te dirons tout lorsque nous te verrons…
Mais quand allaient-ils se voir ? Personne ne semblait trop se soucier d’une date précise.
Hermione avait griffonné Je pense que nous te verrons bientôt à l’intérieur de sa carte
d’anniversaire, mais combien « bientôt » était-il tôt ? Autant que Harry pouvait déduire
des vagues indices dans leurs lettres, Hermione et Ron se trouvaient au même endroit,
qui devait être la maison des parents de Ron. Il pouvait difficilement supporter la pensée
de ces deux-là s’amusant au Terrier, pendant que lui était coincé à Privet Drive. En fait,
il était tellement en colère contre eux qu’il avait jeté sans les ouvrir les deux boîtes de
chocolats Honeydukes qu’ils lui avaient envoyées pour son anniversaire. Il l’avait
regretté par la suite, après la salade flétrie que la tante Pétunia avait préparée pour le
dîner ce soir-là.
Et à quoi Ron et Hermione étaient-ils occupés ? Pourquoi n’était-il pas occupé, lui
Harry ? Ne s’était-il pas montré bien plus capable qu’eux ? Avaient-ils tous oublié ce
qu’il avait fait ? N’était-ce pas lui qui était entré dans ce cimetière, qui avait vu Cédric se
faire assassiner, et qui avait été attaché à cette pierre tombale et failli être tué ?
Ne pense pas à ça, se dit Harry sévèrement pour la centième fois cet été. C’était déjà
assez difficile de continuer de revoir le cimetière dans ses cauchemars, sans en plus le
ressasser durant ses périodes d’éveil.
Il prit le tournant dans Magnolia Crescent ; à mi-chemin, il dépassa l’étroite allée le long
d’un garage où il avait pour la première fois posé le regard sur son parrain. Sirius, au
moins, semblait comprendre ce que ressentait Harry. Certes, ses lettres étaient toutes
aussi dépourvues d’informations que celles de Ron et de Hermione, mais au moins elles
contenaient des conseils de prudence et des mots de réconfort au lieu d’allusions
alléchantes : Je sais que ce doit être frustrant pour toi… Ne t’attire pas d’ennuis et tout
ira bien… Sois prudent et ne fais rien d’irréfléchi…
Et bien, pensa Harry, qui traversa Magnolia Crescent, prit Magnolia Road et se dirigea
vers le parc qui s’assombrissait, il avait (dans l’ensemble) suivi les conseils de Sirius. Il
avait au moins résisté à la tentation d’attacher sa malle à son balai et de partir pour le
Terrier par lui-même. En fait, Harry pensait que son comportement avait été très
correct, si l’on considérait à quel point il se sentait frustré et furieux d’être coincé à
Privet Drive depuis si longtemps, réduit à se tapir parmi les fleurs dans l’espoir
d’entendre quelque chose qui aurait pu indiquer ce que manigançait Lord Voldemort.
Quoi qu’il en soit, il était plutôt énervant de se faire dire de ne pas être irréfléchi par un
homme qui avait passé douze ans dans la prison des sorciers, Azkaban, s’était évadé,
avait voulu commettre le meurtre pour lequel il avait déjà été condamné, puis s’était
enfui sur un hippogriffe volé.
Harry sauta par-dessus le portail fermé du parc et marcha sur l’herbe desséchée. Le parc
était aussi vide que les rues environnantes. Lorsqu’il atteignit les balançoires, il s’affala
dans la seule que Dudley et ses amis n’avaient pas encore réussi à casser, enroula un bras
autour de la chaîne et fixa le sol d’un air morose. Il ne pourrait plus se cacher dans le
parterre de fleurs des Dursley. Le lendemain, il allait devoir inventer un autre moyen
pour écouter les nouvelles. En attendant, il n’avait rien à espérer qu’une autre nuit
perturbée et sans repos, car, même quand il échappait aux cauchemars avec Cédric, il
faisait des rêves déconcertants avec de longs couloirs obscurs, qui se terminaient tous
sur des culs-de-sac et des portes fermées, ce qu’il supposait venir du sentiment d’être
pris au piège qu’il ressentait lorsqu’il était éveillé. Souvent la vieille cicatrice sur son front
le picotait d’une manière désagréable, mais il ne se leurrait pas : Ron, Hermione ou
Sirius ne trouveraient plus cela très intéressant. Dans le passé, la douleur dans sa
cicatrice les avait prévenus que Voldemort reprenait des forces, mais maintenant que
Voldemort était de retour, ils lui rappelleraient probablement qu’il fallait s’attendre à ses
démangeaisons continuelles… rien d’inquiétant… rien de nouveau…
Toute cette injustice s’accumulait en lui tant et si bien qu’il aurait voulu hurler de fureur.
S’il n’avait pas été là, personne n’aurait su que Voldemort était revenu ! Et sa
récompense était d’être coincé à Little Whinging depuis quatre semaines entières,
complètement coupé du monde magique, réduit à s’accroupir derrière des bégonias
mourants afin d’entendre parler de perruches faisant du ski-nautique ! Comment
Dumbledore avait-il pu l’oublier si facilement ? Pourquoi Ron et Hermione s’étaient ils
retrouvés sans l’inviter, lui aussi ? Combien de temps encore lui faudrait-il écouter Sirius
lui dire de se tenir tranquille et d’être un bon garçon ; ou encore résister à l’envie d’écrire
à la stupide Gazette du Sorcier pour leur signaler que Voldemort était de retour ? Ces
pensées furieuses tourbillonnaient dans la tête de Harry et ses entrailles se tordaient sous
l’effet de la colère alors qu’une nuit pesante et veloutée tombait autour de lui, l’air
embaumé par l’odeur de l’herbe tiède et desséchée, le seul bruit étant le léger
ronronnement de la circulation sur la route derrière les grilles du parc.
Il ignorait combien de temps il était resté sur la balançoire lorsqu’un bruit de voix
interrompit sa rêverie et lui fit lever la tête. Les lampadaires des rues alentour projetaient
une lueur brumeuse suffisamment intense pour découper les silhouettes d’un groupe de
gens traversant le parc. L’un d’entre eux chantait à tue-tête une chanson grossière. Les
autres s’esclaffaient. Un léger cliquetis émanait d’onéreux vélos de course qu’ils
conduisaient.
Harry savait de qui il s’agissait. Le personnage de devant était assurément son cousin,
Dudley Dursley, rentrant à la maison, accompagné de sa fidèle bande. Dudley était
toujours aussi large, mais un an de diète sévère et la découverte d’un nouveau talent
avait apporté une certaine modification à son physique. Comme le disait l’oncle Vernon
avec délices à quiconque voulait bien l’entendre, Dudley était récemment devenu le
Champion Inter-écoles de Boxe Poids lourd Junior du Sud-Est. Le « noble sport »,
comme disait l’oncle Vernon, avait rendu Dudley encore plus immense qu’il avait paru à
Harry à l’époque de l’école primaire quand il avait servi de premier punching-ball à
Dudley. Harry n’avait plus un soupçon de peur de son cousin désormais mais il ne
pensait pas néanmoins que le fait que Dudley apprît à frapper plus fort et plus
précisément fût matière à se réjouir. Il terrorisait les enfants du voisinage — encore plus
que « ce garnement de Harry Potter » qui, les avait-on prévenus, était un criminel
endurci et fréquentait le Centre St Brutus pour les Jeunes Délinquants Récidivistes.
Harry observa les formes noires traverser la pelouse et se demanda qui ils avaient frappé
cette nuit-là. Regardez par-ici, pensa Harry en les regardant. Venez… regardez… je suis
assis là tout seul… venez et tentez votre chance… Si les copains de Dudley le voyaient
assis là, ils fondraient sûrement droit sur lui, et que ferait Dudley alors ? Il ne voudrait
pas perdre la face devant sa bande, mais il serait terrifié à l’idée de provoquer Harry…
ce serait vraiment amusant de regarder le dilemme de Dudley, de le provoquer, de
l’observer, impuissant à répondre… et si l’un des autres essayait de frapper Harry, il était
prêt — il avait sa baguette. Pourvu qu’ils essayent… il adorerait décharger un peu de sa
frustration sur les garçons qui avaient autrefois fait de sa vie un enfer.
Mais ils ne se retournèrent pas, ils ne le virent pas, ils étaient presque devant les grilles.
Harry maîtrisa l’envie de les appeler… chercher la bagarre n’était pas une action
intelligente… il ne devait pas utiliser la magie… il risquerait l’expulsion à nouveau.
Les voix des acolytes de Dudley s’évanouirent ; ils étaient hors de vue, continuant sur
Magnolia Road.
Et voilà, Sirius, pensa Harry. Rien d’irréfléchi. Pas cherché les ennuis. Exactement le
contraire de ce que tu aurais fait.
Il se leva et s’étira. La tante Pétunia et l’oncle Vernon semblaient penser que, quelle que
soit l’heure du retour de Dudley, c’était l’heure de rentrer, et qu’après cette heure il était
bien trop tard. L’oncle Vernon avait menacé d’enfermer Harry dans la réserve si jamais
il rentrait encore après Dudley, alors, bâillant, et toujours renfrogné, Harry se dirigea
vers la sortie du parc.
Magnolia Road, comme Privet Drive, était pleine de grandes maisons carrées avec des
pelouses parfaitement entretenues, chacune détenue par de gros propriétaires carrés qui
conduisaient des voitures fort bien nettoyées semblables à celle de l’oncle Vernon.
Harry préférait Little Whinging la nuit, quand les fenêtres aux rideaux tirés maculaient
les ténèbres de couleurs brillantes comme des joyaux, et qu’il ne courait aucun risque
d’entendre des murmures réprobateurs à propos de son apparence de « délinquant » en
croisant les propriétaires de ces maisons. Il marcha à grands pas, si bien qu’à mi-chemin
de Magnolia Road la bande de Dudley reparut dans son champ de vision ; ils se disaient
au-revoir devant le début de Magnolia Crescent. Harry s’écarta dans l’ombre d’un grand
lilas et attendit.
« …couinait comme une truie, pas vrai ? » disait Malcolm, les autres pouffant de rire.
« Joli crochet, Big D », dit Piers.
« À la même heure demain ? » dit Dudley.
« Direct chez moi, mes parents sortent » dit Gordon.
« À la prochaine alors » dit Dudley.
« Ciao, mon pote »
« Salut, Big D »
Harry attendit que le reste de la bande soit parti avant de reprendre son chemin.
Lorsque leurs voix se furent dissipées à nouveau il prit le tournant vers Magnolia
Crescent et, en marchant très vite, il parvint bientôt à portée de voix de Dudley qui se
baladait tranquillement, chantonnant un air vague, sans véritable mélodie.
« Salut, Big D ! »
Dudley fit demi-tour.
« Oh », grogna-t-il, « c’est toi. »
« Depuis combien de temps t’appelles-tu donc ‹ Big D › ? » dit Harry.
« La ferme ! », répondit Dudley, poursuivant son chemin.
« Super, ton nom. » ajouta Harry en souriant et en suivant le pas de son cousin. « Mais
tu seras toujours ‹ Duddlinouchet chéri › pour moi. »
« J’ai dit LA FERME » dit Dudley, dont les mains boudinées se repliaient en poings. »
« Les gars ne savent pas que c’est comme ça que ta maman t’appelle ? »
« Tais-toi ! »
« Tu ne lui dis pas de se taire, à ta mère. Que dis-tu de ‹ mon petit bout de chou › et ‹
Duddinet trésor › ? Alors je peux m’en servir ? »
Dudley ne dit mot. L’effort pour se retenir de frapper Harry semblait lui demander
toute son énergie.
« Alors, qui as-tu tabassé ce soir ? » demanda Harry, en perdant son sourire. « Un autre
petit de dix ans ? Je sais que tu as frappé Mark Evans l’autre soir –»
« Il le cherchait », dit Dudley.
« Ah ouais ? »
« Il m’a insulté. »
« Vraiment ? A-t-il dit que tu ressemblais à un porc dressé à marcher sur ses pattes de
derrière ? Parce que c’est pas une insulte, Dude, c’est la vérité. »
Un muscle de la mâchoire de Dudley tremblait. Cela apporta une grande satisfaction à
Harry de constater combien il rendait Dudley furieux ; il eut l’impression qu’il refilait sa
propre frustration à son cousin, et c’était sa seule façon de l’évacuer.
Ils prirent à droite dans l’étroite allée où Harry avait vu Sirius pour la première fois et
qui servait de raccourci entre Magnolia Crescent et Wisteria Walk. Elle était déserte et
bien plus sombre que les rues avoisinantes car il n’y avait pas de lampadaires. Elle était
délimitée par des murs de garages d’un côté et une haute clôture de l’autre.
« Tu te prends pour un homme parce que tu tiens ce truc, hein ? » dit Dudley au bout de
quelques instants.
« Quel truc ? »
« Ce — ce truc que tu caches. »
Harry sourit à nouveau.
« Tu n’es pas aussi bête que tu en as l’air, hein, Dude ? Mais d’ailleurs, si tu l’étais, tu ne
pourrais pas marcher et parler en même temps.»
Harry sortit sa baguette. Il aperçut Dudley la regarder de côté.
« Tu n’as pas le droit » dit Dudley immédiatement. « Je sais que tu n’as pas le droit. Tu
serais renvoyé de ton école de tarés. »
« Qui te dit qu’ils n’ont pas changé les règles, Big D ? »
« Ils ne les ont pas changées. » dit Dudley, sans trop d’assurance toutefois.
Harry rit doucement.
« Tu n’as pas les tripes pour m’affronter sans ce truc, n’est-ce pas ? » dit Dudley.
«Alors que toi tu n’as besoin que de quatre copains avec toi pour frapper un petit de dix
ans. Tu sais, ce titre de boxeur dont tu n’arrêtes pas de parler ? Quel âge avait ton
adversaire ? Sept ans ? Huit ans ? »
« Il avait seize ans, je te signale, » dit Dudley « et il est resté K.O. pendant vingt minutes
après que je l’ai fini, et il était deux fois plus lourd que toi. Tu vas voir quand je vais dire
à Papa que tu avais ce truc –»
« On va chercher Papa alors, hein ? Son petit champion de boxe a peur de la méchante
baguette de Harry ? »
« Tu fais moins le malin la nuit, hein ? » ironisa Dudley.
« Il fait nuit, Duddlinou. C’est ainsi que l’on nomme le moment où tout s’assombrit
comme maintenant. »
« Je veux dire quand tu es au lit ! » grimaça Dudley.
Il avait cessé de marcher. Harry s’immobilisa aussi, observant son cousin. D’après le peu
qu’il distinguait du gros visage de Dudley, il affichait une expression curieusement
triomphante.
« Qu’est-ce que tu veux dire, que je fais moins le malin quand je suis au lit ? » dit Harry,
complètement désemparé. « De quoi suis-je censé avoir peur, des oreillers ou quoi ? »
« Je t’ai entendu la nuit dernière, » dit Dudley sans respirer, « parlant dans ton sommeil.
Implorant. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? » répéta Harry, mais il sentait une masse froide qui
s’enfonçait dans son estomac. Il avait revu le cimetière la nuit précédente dans ses rêves.
Dudley émit un rire rauque, puis adopta une voix aiguë, plaintive.
« ‹ Ne tuez pas Cédric ! ne tuez pas Cédric ! › Qui est Cédric — ton petit copain ? »
« Je — tu mens. » dit Harry par réflexe.
Mais sa bouche s’était asséchée. Il savait que Dudley ne mentait pas — sinon comment
aurait-il entendu parler de Cédric ?
« ‹ Papa ! Aide-moi, Papa ! Il va me tuer, Papa ! Bouh hou ! › »
« La ferme » dit Harry posément. « Tais-toi, je te préviens ! »
« ‹ Viens m’aider, Papa ! Maman, viens m’aider ! Il a tué Cédric ! Papa, Aide moi ! Il va –›
Ne pointe pas ce truc vers moi ! »
Dudley recula contre le mur de l’allée. Harry visait précisément le coeur de Dudley avec
sa baguette. Harry sentait quatorze années de haine envers Dudley battre dans ses veines
— que ne donnerait-il pas pour attaquer maintenant, pour ensorceler Dudley si
complètement qu’il devrait rentrer à la maison en rampant comme un
insecte débile bourgeonnant des antennes…
« Ne reparle plus jamais de ça » dit Harry, « C’est compris ? »
« Pointe ce truc ailleurs ! »
« J’ai dit c’est compris ? »
« Pointe-le ailleurs ! »
« C’EST COMPRIS ? »
« ÉLOIGNE CE TRUC DE –»
Dudley émit un râle bizarre et tremblant, comme s’il avait été trempé dans de l’eau
glacée.
Quelque chose était arrivé à la nuit. Le ciel indigo parsemé d’étoiles était devenu tout à
coup complètement noir et sans lumière — les étoiles, la lune, les lampadaires brumeux
de chaque côté de l’allée s’étaient évanouis. Le ronronnement éloigné des voitures et le
murmure des arbres étaient partis. La douce soirée était soudain d’un froid perçant,
mordant. Ils étaient entourés d’une obscurité totale, impénétrable, silencieuse, comme si
une main géante avait posé un épais manteau glacial sur toute l’allée, les aveuglant.
Pendant une fraction de seconde Harry pensa qu’il avait fait de la magie sans le vouloir,
bien qu’il se soit retenu aussi fort qu’il pouvait — puis la raison lui revint — il n’avait
pas le pouvoir d’éteindre les étoiles. Il tourna la tête de-ci, de-là, essayant de distinguer
quelque chose, mais l’obscurité se collait à ses yeux comme un voile impalpable.
La voix terrifiée de Dudley parvint aux oreilles de Harry.
« Qu–Qu’est-ce que tu fais ? A–Arrête ! »
« Je ne fais rien ! Tais-toi et bouge pas ! »
« Je vois rien ! Je suis devenu aveugle ! Je –»
« J’ai dit tais-toi ! »
Harry était cloué sur place, tournant son regard aveugle à gauche puis à droite. Le froid
était si intense qu’il frissonnait de tout son corps ; ses bras avaient la chair de poule et
les cheveux de sa nuque étaient dressés — il écarquilla les yeux au maximum, observant
inutilement tout autour, sans rien voir.
Ce n’était pas possible… ils ne pouvaient pas être ici… pas à Little Whinging… il tendit
l’oreille… il les entendrait avant de les voir…
« Je le dirai à Papa ! » implora Dudley. « Où–où es-tu ? Qu’est-ce que tu f–fais ? »
« Tu vas la fermer ? » siffla Harry. « J’essaie d’écout–»
Mais il se tut. Il avait entendu exactement ce qu’il redoutait.
Ils n’étaient pas seuls dans l’allée, quelque chose respirait en de longs souffles rauques et
grésillant. Harry ressentit un horrible sursaut de peur tandis qu’il tremblait dans l’air
glacé.
« Arrête ça ! Fais que ça s’arrête ! Je vais te fr–frapper, je le jure ! »
« Dudley, la fer–»
VLAN !
Harry sentit un poing lui saisir la tête et le soulever. De petites lumières blanches
étincelèrent devant lui. Pour la deuxième fois en moins d’une heure, Harry eut
l’impression que sa tête avait été hachée en deux ; un instant plus tard, il atterrit
violemment sur le sol et sa baguette lui échappa.
« Dudley, espèce de crétin ! » hurla Harry, pleurant de douleur tandis qu’il se mit
péniblement à quatre pattes, en tâtonnant frénétiquement autour de lui dans le noir. Il
entendit Dudley avancer à l’aveuglette, se cogner contre la clôture et trébucher. «
DUDLEY, REVIENS ! TU LUI COURS DROIT DESSUS ! »
Il y eut un horrible cri déchirant, et le bruit des pas de Dudley cessa. Au même moment,
Harry sentit s’étendre derrière lui un souffle givré qui ne pouvait vouloir dire qu’une
seule chose. Il y en avait plusieurs.
« DUDLEY, GARDE LA BOUCHE FERMÉE ! QUOIQU’IL ARRIVE, GARDE LA
BOUCHE FERMÉE ! Ma baguette ! » marmonna Harry avec frénésie. Ses mains
exploraient le sol comme des araignées. « Où est — baguette — allez — lumos ! »
Il prononça le sort automatiquement, il lui fallait absolument de la lumière pour l’aider à
chercher — et à son soulagement incrédule, de la lumière apparut à quelques
centimètres de sa main droite — l’extrémité de sa baguette s’était allumée. Il la ramassa
vivement, se remit debout tant bien que mal et se retourna. Son sang se glaça.
Une silhouette imposante, encapuchonnée, glissait doucement vers lui, flottant au
dessus du sol, sans pieds ni tête visibles sous sa robe, aspirant la nuit en avançant. Harry
recula en titubant et leva sa baguette.
« Spero Patronum ! »
Une ombre argentée jaillit du bout de la baguette et le Détraqueur ralentit, mais le sort
n’avait pas bien fonctionné ; se prenant dans ses propres pieds, Harry recula plus loin
tandis que le Détraqueur se penchait vers lui, la panique envahissant son esprit —
concentre-toi —
Deux mains grises, visqueuses, pleines de croûtes et de cicatrices se glissèrent hors de la
robe du Détraqueur, prêtes à l’attraper. Un bruit envahit les oreilles de Harry.
« Spero Patronum ! »
Sa voix semblait vague et lointaine. Une autre ombre de vapeur argentée, plus faible
encore que la précédente, sortit de sa baguette — il n’y arrivait plus, il ne parvenait plus
à lancer le sort.
Un rire résonnait dans sa propre tête, un rire strident, aigu… Il sentait l’haleine putride,
froide comme la mort du Détraqueur qui remplissait ses poumons, le noyait — pense…
quelque chose de joyeux…
Mais il n’y avait aucune joie en lui… Les doigts glacials du Détraqueur se refermaient
sur sa gorge — le rire aigu devenait de plus en plus fort, et une voix parla dans sa tête : «
Incline-toi devant la mort, Harry… ce n’est peut-être même pas douloureux… je n’en
sais rien… je ne suis jamais mort… »
Il ne reverrait plus jamais Ron et Hermione —
Et leurs visages surgirent clairement dans son esprit alors qu’il cherchait à reprendre sa
respiration.
« SPERO PATRONUM ! »
Un gigantesque cerf argenté jaillit du bout de la baguette de Harry ; ses bois
enfourchèrent le Détraqueur à l’endroit où son coeur devait être ; il fut projeté en arrière,
léger comme l’ombre, et alors que le cerf revenait à la charge, le Détraqueur s’enfuit tel
une chauve-souris, défait.
« PAR ICI ! » cria Harry au cerf. Se retournant, il courut le long de la ruelle, tenant la
baguette allumée au-dessus de la tête. « DUDLEY ? DUDLEY ! »
Il n’avait fait qu’une douzaine de pas quand il les atteignit : Dudley était recroquevillé
par terre, ses mains crispées lui couvrant le visage. Un deuxième Détraqueur était
accroupi juste au-dessus de lui, lui tenant les poignets de ses mains visqueuses, les
écartant lentement, presque affectueusement, baissant sa tête encapuchonnée vers le
visage de Dudley, sur le point de l’embrasser.
« ATTRAPE-LE ! » Hurla Harry, et, dans un rugissement, le cerf argenté qu’il avait
conjuré le dépassa au galop. La tête sans yeux du Détraqueur était au mieux à un
centimètre de Dudley quand les bois du cerf le happèrent ; la chose fut projetée en l’air
et, comme son semblable, elle s’envola et fut avalée par l’obscurité ; le cerf partit au petit
galop vers le bout de la ruelle et se dissipa en une brume argentée. La lune, les étoiles et
les lampadaires brillaient à nouveau. Une brise chaude balayait la ruelle. Les arbres
bruissaient dans les jardins alentour, et le grondement habituel des voitures dans
Magnolia Crescent emplit l’air à nouveau. Harry se tenait presque immobile, tous ses
sens en éveil, le temps de s’habituer à ce brusque retour à la normalité. Au bout d’un
moment, il se rendit compte que son T-shirt lui collait à la peau ; il était trempé de
sueur. Il n’arrivait pas à croire à ce qui venait de se passer. Des Détraqueurs ici, à Little
Whinging.
Dudley était toujours recroquevillé sur le sol, tremblant et gémissant. Harry se pencha
pour voir s’il était en état de se relever, mais il entendit quelqu’un courir d’un pas pesant
derrière lui. Instinctivement, il leva sa baguette et pivota sur ses talons pour faire face au
nouveau venu. Mme Figg, leur vieille voisine cinglée, arriva toute essoufflée. Ses boucles
grisonnantes sortaient de son filet à cheveux, un sac de courses se balançait sur son
poignet en cliquetant et ses pieds étaient à moitié sortis de pantoufles en tissu écossais.
Harry s’apprêtait à dissimuler rapidement sa baguette, mais —
« Ne la range pas, imbécile ! » Cria-t-elle. « Et s’il y en avait d’autres ? Oh, je vais tuer
Mundungus Fletcher ! »



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même chose
Posté par pouldu88 le 11.09.2007
pourquoi ne pas essayer de publier gratuitement tes écrits plutot que sur un blog ?? En plus tu m'as l'air d'être bien inspiré. Bye.
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